A Veaugues, je l'ai déjà dit, on a la chance d'avoir un biotope assez riche: près de 40 espèces de feuillus, une dizaine d'Orchidées, mais surtout plusieurs espèces de chauves-souris, qui hivernent dans nos carrières souterraines. Un arrêté de protection de ces espèces a été pris, avec la collaboration de la municipalité de Veaugues et du Muséum d'Histoire Naturelle de Bourges, où Laurent Arthur est reconnu comme un éminent spécialiste des Chiroptères.

Les chauves-souris hibernent dans nos carrières et ne doivent pas être dérangées l'hiver, sous peine de mourir de faim. C'est pourquoi l'accès aux lieux est interdit du 15 novembre au 15 avril, sauf autorisation spéciale.

L'entrée de la carrière inférieure. On cherche en vain les panneaux censés informer le public des mesures de protection, et interdire l'accès durant la période d'hivernage des Chiroptères protégés.

L'hiver, certaines chauves-souris sont recouvertes de gouttelettes de condensation, qui les font scintiller comme des diadèmes. Ici, une Pipistrelle.
En fait, la municipalité de Veaugues avait fait placer des panneaux composés d'une feuille A4 sur laquelle était imprimé l'arrêté, punaisée sur un bout de contreplaqué, et couverte d'une simple feuille de film alimentaire... Inutile de dire que les intempéries ont vite eu raison de cette signalisation sommaire!

L'entrée de la carrière supérieure. Un ingénieux système de tubes de fer coulissants garantissait l'inaccessibilité des lieux l'hiver. Il devait être maintenu condamné à cette période. Laissé ouvert pratiquement dès le départ, la rouille a verrouillé le système en position... ouverte, le rendant inutile!

De même, deux panneaux interdisant l'accès des abords aux véhicules à moteur avaient été disposés.
Celui-ci a été démonté par des pratiquants de motocross sauvage, venant passer leur dimanche sur place en amenant leurs machines sur des remorques depuis les départements voisins.
Il n'en reste que son poteau...

A gauche, l'ancienne voie ferrée; à droite, le chemin qui la longe depuis le pont des carrières jusqu'à la maisonnette des Averdines. La commune a voulu faire des économies en ne plaçant qu'un panneau censé interdire la circulation sur ces deux voies, dont seule celle de droite est un chemin public. Le problème est que le Code de la Route veut qu'un panneau soit situé du côté droit de la voie qu'il concerne; de plus, il n'y a jamais eu de panneau à l'autre extrémité du chemin!
C'est sur les bases de cette signalisation plus que sommaire qu'il y a environ deux ans, un jeune homme, dont la moto était dûment homologuée, immatriculée, et qui roulait casqué et assuré à une allure raisonnable sans faire de bruit, a été verbalisé. Il lui a été reproché d'enfreindre la législation sur les espèces protégées... Malgré sa bonne foi (il affirmait que rien ne l'informait de cet arrêté de protection), il a dû s'acquitter d'une amende de 170€.
Par contre, les fumées nauséabondes et irritantes de la décharge illégale, située en face des carrières aux chauves-souris, à 200 mètres à vol d'oiseau et accessible par ce même chemin, ne devaient pas être toxiques pour les bébêtes, car son exploitant, dont j'ai déjà parlé, n'a jamais été inquiété...

Un Grand Rhinolophe.
Les carrières de Veaugues sont, après celles de Bourges, le second site d'hivernage de Chauves-Souris dans le département du Cher.
A ce titre, l'arrêté de protection mériterait qu'il soit respecté.