Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius
Un peu partout en France, on trouve des « Chaussées de César », ou des « Chemins de César ». Dans d’autres régions, comme la Picardie ou le Nord, on voit des « Chaussées Brunehaut ».
Chez nous, qui ne connaît pas le « Chemin de Jacques Cœur » ! Toutes ces appellations désignent d’anciennes voies romaines, construites pour la plupart au cours des 1ers et 2ème siècles de notre ère. Seules celles de la Narbonnaise, dont la célèbre Via Domitia, sont plus anciennes, car cette province à été colonisée plus tôt.

La capitale de la Gaule Romaine étant Lyon (Lugdunum), le réseau n’était pas organisé en étoile autour de Paris comme il l’est aujourd’hui. Bourges (Avaricum à l’époque gallo-romaine) était un centre important, chef-lieu de la Cité (province) des Bituriges, et de nombreuses voies rayonnaient autour de la ville.
Celle qui nous concerne rejoignait Auxerre (Autessiodurum), en passant par Rians, St-Thibault (Gortona), Cosne (Condate) et Entrains sur Nohain (Intaranum). Elle franchissait la Loire à Saint-Thibault par un pont dont j’ai déjà parlé sur ce blog.
Les vestiges de deux ponts qui se sont succédés sont visibles dans le lit de la Loire en amont du pont actuel de St-Thibault en période de basses eaux.
Le tracé de la voie Bourges-Auxerre est bien visible jusqu’à Vinon ; on connaît l’emplacement du franchissement de la Loire, puis ensuite le tracé de Cosne à Entrains et au-delà. De La Roche à Cosne, le tracé aurait été détruit par la construction de la voie ferrée en 1861.

Au sud de Veaugues, le tracé de la voie romaine est ici bien visible.
La partie centrale claire correspond à la chaussée empierrée (elle n'était pas pavée!!!), alors que les bordures sombres indiquent les fossés bordant la voie.
Le contournement du « Piton » sancerrois fait encore l’objet de discussions, certains itinéraires ayant pu se succéder, voire coexister. Je reviendrai sur ce point dans un article ultérieur.

Au centre de l'image, le "Chemin de Jacques Coeur" se dirige vers Bourges.
Nous sommes entre Montigny et Azy.
La Loire était longée sur sa rive droite par une voie allant d’Orléans (Genabum) à Nevers (Nevirnum), mais cette dernière était d’importance très relative. Peu de traces en subsistent dans le paysage.
De l'autre côté de Cosne, la voie romaine continuait sur Auxerre, en passant par Entrains sur Nohain.
Nous la voyons ici à l'est de son point de croisement avec la D 14 Cosne-Alligny, un peu avant la déchetterie de Cosne.
Plus à l'est, son tracé est repris par la D 168 de Parigny à Villegeneray, et de Jussy à Entrains
Une voie longeant la rive gauche, de Sancoins à Orléans, est aussi supposée par les archéologues, des indices ayant été trouvés entre autres à Herry. Plus au nord, elle aurait passé à l’ouest du Bois de Charnes.
A la sortie nord de Pouilly, une chaussée pavée est à tort baptisée « route romaine ». Il s’agit en fait de la Route Royale de Paris à Lyon par le Bourbonnais, qui date du début du 18ème siècle.
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