Vu qu'il n'y a pas de vieux ponts sur la commune de Veaugues, et que tant bien qu'il y en aurait, je serais certainement le seul à m'y intéresser, je me propose de vous en faire découvrir ailleurs, en l'occurence près de Sournia, dans les Pyrénées-Orientales.
Il s'agit d'une région qui ne lasse pas d'émerveiller par ses paysages sublimes, sa nature très riche et ses témoins de l'architecture passée. Ce sont les amis que je visite depuis des années qui m'ont fait découvrir ces deux vénérables ouvrages, probablement autrefois situés sur des itinéraires d'importance.

Carte du confluent de la Désix avec le ruisseau de Ferrière, montrant les deux ponts anciens, et les chemins qu'ils portaient (en rouge).

Le pont sur la Désix comporte deux grandes arches. Il a été sauvé de la destruction par un bétonnage de l'extrados des arches, leur évitant ainsi de s'écrouler.

De construction soignée, il possédait aussi des ouvertures aménagées dans les culées, pour faciliter l'écoulement de l'eau en temps de crue.
Dispositif efficace, puisque le pont est toujours debout!

A l'origine, le tablier était horizontal, ou légèrement en dos d'âne, mais pas en double bosse comme aujourd'hui.
N'étant pas expert en matière de ponts, je suis incapable de le dater.

Côté Sournia, le pont est prolongé par ce chemin, soigneusement tracé et terrassé, avec de nombreux murs de soutènement.
S'il est probable que le pont a été supplanté par l'actuel au XIXème siècle, ce chemin devait être l'itinéraire principal pour rejoindre Sournia depuis la vallée de la Têt.
On peut (voir la carte) d'ailleurs le suivre sur plusieurs kilomètres en direction de Sournia.

Après avoir traversé la D 619 en direction de Sournia, le chemin plonge à nouveau dans la vallée de la Désix.
En contrebas du carrefour précité se trouve la chapelle Ste-Félicité, datée par un panneau du XIème siècle. Doit-on y voir la confirmation de l'importance ancienne de cet itinéraire?

A un kilomètre en amont, sur le ruisseau de Ferrière, se trouve un autre pont paraissant de la même époque, constitué d'une unique arche principale encadrée de deux arches plus petites.
Lui, devait être légèrement en dos d'âne.

Noyé dans la végétation, le pont de Ferrière est peu propice à la photographie.
On distingue cependant bien ici une des deux arches secondaires, ainsi que l'avant-bec chargé à soulager la pile de la force du courant.
Le premier pont n'en possède pas.

Le tablier et les parapets sont bien conservés. peut-être ce pont a-t-il été maintenu en utilisation plus longtemps que son "frère".
Il est comme lui prolongé par un beau chemin sur environ un kilomètre, en direction de Campoussy. Au-delà, il est hélas détruit par l'aménagement d'une piste forestière de défense contre les incendies (DFCI).
Gageons que les autorités locales sauront préserver ce petit patrimoine qui, bien que modeste, n'en est pas moins élégant et de toute beauté. Il nous permet aussi de nous replonger dans une époque, pas si éloignée, où les villages de montagne n'étaient desservis que par d'étroits chemins par lesquels se faisaient tous les échanges, hommes et marchandises.