Pour certains, ce fut l'évènement de leur vie, celui qu'on n'ose espérer quand on habite dans un village de la France profonde. Moi, je voulais juste voir à quelle vitesse ils roulaient...
Alors, en attendant le reportage détaillé de Gwen sur la venue de Dave à Vailly, voici ce que j'ai vu du Tour de France.

Nous sommes aux Pivets, entre Montigny et Veaugues. J'avais choisi cet endroit parce que c'était la seule côte de cette partie de l'étape, histoire de voir si les légendes de la route montaient bien les côtes plus vite que nous les descendons...
Ici, on avait fauché les blés avant terme pour permettre l'installation de la mascotte, et des spectateurs avec leurs voitures.

Là, ce sont essentiellement des voisins qui ont fait une petite pause pour venir voir...
Ailleurs, d'autres sont venus exprès en camping-car depuis l'autre bout de la région, ou sont là depuis l'aube pour glaner quelques saucissons ou casquettes lancées par la caravane publicitaire.
Des voitures bardées de publicité passent, des motos de journalistes, tout un tas de véhicules certainement indispensables... Puis ce sont les motards de la Gendarmerie; ça devient sérieux, les spectateurs se lèvent de leur siège pliant... Les hélicos arrivent enfin, il y en a cinq!

Avec un quart d'heure d'avance sur le planning, voici les deux échappés; ils ont trois minutes d'avance sur le peloton, et ne seront rattrappés que 5 kms avant l'arrivée.

Voici maintenant le peloton. On dirait un banc de harengs comme on en voit dans "Thalassa", tant ils sont serrés les uns contre les autres! Seule leur couleur les distingue les uns des autres. Je suis déçu, car ils ne pédalent pas plus vite que les papys qui passent devant chez moi le dimanche; et puis, ça ne dure que quelques secondes!

Zoom sur le Maillot Jaune.
Il est bien à l'abri du vent au sein du peloton.
Je n'ai pas le temps de reconnaître Armstrong, que les Français détestent simplement par ce qu'il leur fait de l'ombre...

Pas de retardataires. Voici maintenant le bataillon des voitures d'assistance.
Ils sont passés. C'est fini.
Et dire que tant de gens font des centaines de kilomètres juste pour voir ça!
Il est loin le temps des premiers Tours, où les concurrents emportaient dans leur musette le casse-croûte, la carte routière et les rustines...
Certes, aujourd'hui il faut toujours pédaler, mais j'ai plus l'impression d'avoir vu une manifestation publicitaire qu'une course sportive. Je me demande, entre une étape du Tour et une manche du championnat de Formule 1, laquelle consomme le plus de carburant! Et on dit que le vélo, c'est écolo...
Et je me prends à rêver de ce temps où les voiliers s'appelaient "Pen Duick" ou "Manureva", et pas encore "Fleury-Michon" ou "Areva"...