Hier, mon attention a été attirée par une maison qui dénotait de ses voisines, rue Littré, à Bourges. Sans me lancer dans une étude des maisons à pans de bois berruyères (d'autres l'ont certainement fait avant moi...), je veux juste présenter les sculptures que j'ai remarquées sur sa façade.

La maison en question est aujourd'hui occupée par une auto-école. Ses voisines sont peut-être bâties sur le même principe, mais alors leurs façades ont été profondément transformées.
Au moins, la nôtre n'a pas été défigurée.

Ici, à droite un ange...
Il est étonnant que le bois de ces sculptures ait traversé cinq siècles sans plus de dommages.

On dirait un Christ, un roi ou un évêque, tenant en sa main gauche une sphère.
Est-ce un globe terrestre, où la Terre était-elle encore plate à cette époque?

Cette fois, c'est bien un moine, qui se tient le ventre des deux mains. Les moines avaient la réputation de bien vivre à cette époque, qui était celle de Rabelais, mais était-ce bien vrai?

Ici, un chevalier, à qui il manque un bras, un pied, et la tête de son cheval.
Les maisons à pans de bois de Bourges ont été construites après le grand incendie de 1487, et jusque vers 1550.

Ces personnages, bien conservés, semblent courir, ou danser... On voit bien ici la structure à montants entrecroisés, les vides étant vraisemblablement remplis avec des briques.

Un personnage sans tête (perdue, ou coupée?), devant une tour très bien représentée et conservée.
Suite à l'incendie de 1487, des règles plus strictes régirent la construction, afin d'éviter que les incendies ne se propagent aussi vite.

Sur la gauche est nettement visible un lutrin, portant vraisemblablement un livre religieux.
Le personnage est-il une religieuse?
Il est dommage que ces très belles sculptures ne fassent pas l'objet de plus d'attention, et ne soient pas mieux mises en valeur.
De nombreuses villes françaises possèdent encore des maisons à pans de bois, dont Bourges et Aubigny, et cette architecture est très présente dans d'autres régions comme la Normandie ou l'Aube, sans oublier la Sologne.
Ces maisons possédaient une structure, dont les interstices sont remplis de torchis, de briques, ou d'un mélange de pierres et de mortier, coffré par des planches ou du lattis.