La voie gallo-romaine Bourges-Auxerre franchissait la Loire à Saint-Thibault au moyen d'un pont, dont les restes se voient parfaitement en période de basses eaux. Les observations furent particulièrement intéressantes lors de l'été 2003, alors que les eaux du fleuve étaient très basses.
Sur ce cliché du confluent de la Loire et de la Vauvise, on voit St-Thibault, puis St-Satur en arrière-plan. A mi-chemin entre ce confluent et le pont moderne, on distingue bien l'alignement des piles du pont gallo-romain, en biais dans le lit du fleuve

Autre cliché du passage de la Loire, pris à l'aplomb du pont gallo-romain

Au ras de l'eau, vu depuis la rive gauche de la Loire (côté Cher), on ne voit dépasser que les pointes des pieux de bois.
En fait, il y a là deux ponts qui se croisent au milieu du fleuve avec un angle très faible.
Bien entendu, ils se sont succédés. Un pont de pierres a remplacé un pont de bois... à moins que ce ne soit l'inverse, probablement à la suite d'une crue dévastatrice, ou une embâcle lors d'un hiver très froid.

Vues depuis l'autre rive, les ruines du pont sont beaucoup plus impressionnantes, puisque de nombreux blocs de grès soigneusement taillés jonchent le lit de la Loire.
Chaque pile avait une fondation de pieux de chêne, qui étaient battus le plus profond possible, en principe jusqu'à toucher le sous-sol rocheux dur.
Ensuite, on bâtissait une plate-forme en pierres sur laquelle s'élevait l'avant-bec destiné à briser la force du courant.

Aujourd'hui, personne ne peut dire à quoi ressemblait ce pont. Il n'est absolument pas acquis qu'il ait été construit entièrement en pierre. Plus probablement, selon les archéologues, un tablier de bois reposait-il sur des piles en pierre. Après son écroulement, probablement à la suite d'une embâcle (charriage de blocs de glace), les riverains ont récupéré beaucoup de blocs de pierre, rendant ainsi difficile la restitution de l'architecture de l'ouvrage.