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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 14:46
Pas besoin qu'une maison reflète la richesse de son propriétaire pour qu'elle attire mon attention. Comme je l'avais dit dans un article précédent, la simplicité de certaines constructions, alliée au bon goût de celui qui aura su leur garder leur authenticité, font tout leur charme. J'en ai repéré deux ce matin à Bannon (commune de Vinon).

Elles ne cherchent pas à capter l'attention, mais leur architecture toute simple fait qu'on les remarque quand même. Elles ont probablement été jadis deux propriétés distinctes, mais  sont aujourd'hui sur le même terrain, avec un puits au milieu.




Celle-ci semble être une maison de vigneron, avec sa cave dont l'accès est situé sous l'escalier d'entrée. Une extension a été ajoutée à l'arrière; probablement une pièce de vie, puisque équipée d'une cheminée. Les toitures ont été refaites en petites tuiles de pays, comme à l'origine.




La seconde, construite selon le même style acccusant vraisemblablement la seconde moitié du XIXème siècle, est un peu plus vaste, mais aussi plus simple. Toutes deux bénéficient d'une exposition idéale plein Sud, avec vue magnifique sur le Val de Loire.

Pas de fils électriques apparents, et surtout pas de parabole. Seuls bémols: les persiennes métalliques et la lampe de cour particulièrement vilaines; mais cela pourrait être vite corrigé.


Tiens, ça me fait penser, quelqu'un m'a sorti l'autre jour, alors que je lui disais ne pas pouvoir capter telle chaîne de TV: "quoi, tu n'as pas de parabole!" Eh non, je n'ai pas de parabole...
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 14:45

Albert Pinson n'a aucune parenté avec Désiré Pinson, photographe à Veaugues. Il coule une retraite paisible à Montigny, et est probablement le dernier employé survivant du Tacot ; je l’ai rencontré en ce mois de janvier 2009, et c’est avec plaisir qu’il m’a livré ses souvenirs de cette époque. Entré le 11 juillet 1946 à la Société Générale des Chemins de Fers Economiques, il y a travaillé jusqu’à l’arrêt définitif de l’exploitation le 15 août 1948. Mr Pinson était chauffeur, c’est-à-dire qu’il alimentait la chaudière de la locomotive avec du charbon.

 


La loco n° 3517 au dépôt de Veaugues vers 1910 avec une partie du personnel des ateliers. Le Tacot faisait vivre environ 40 familles à Veaugues à son apogée.



Sa journée de travail commençait vers 7h45 quand il se rendait au dépôt de Veaugues pour préparer la loco du train du matin. Le feu était maintenu au ralenti durant la nuit avec du charbon de Buxières, qui brûlait lentement. Il ravivait alors le foyer, puis remplissait la soute à charbon qui se trouvait derrière la cabine au moyen de corbeilles de 30 kg environ, ou avec des briquettes rondes ; la consommation était d’environ 8kg au kilomètre.

 

 

 

Veaugues: le pont du Tacot. On aperçoit en arrière-plan la gare et les ateliers du Tacot.



Il fallait ensuite atteler la rame qui avait été préparée et remisée la veille au soir, puis c’était le départ vers 8h30. Cette heure voyait une activité intense puisque quatre trains s’élançaient ensemble de Veaugues : deux sur la grande ligne vers Cosne et Bourges, et deux Tacots vers La Guerche et Argent ou St-Satur.

 

 

 

 



Albert Pinson en janvier 2009











 

 


Notre homme alternait les voyages vers La Guerche  et Argent en principe un jour sur deux. Une fois par semaine, il attelait un train de marchandises vers St-Satur, avec rebroussement à Neuilly - Moulin Jamet. Aller à Argent était un peu plus rapide qu’à La Guerche, bien que la distance ait été la même.

 

 

Ces années-là étaient les dernières, et le trafic très faible. Le train se composait alors d’une unique voiture de voyageurs, et d’un fourgon à bagages, dans lequel se tenait le chef de train, qui détachait les wagons et tenait le cahier de route. Un mécanicien, qui réglait l’allure et lubrifiait la mécanique, et un chauffeur étaient nécessaires à la conduite de la locomotive. Les voyageurs se faisaient de plus en plus rares, et il fallait dire au mécanicien où on voulait descendre, afin que le train ne s’arrête pas inutilement ; de même il fallait faire signe au train depuis le quai.

 

 

 

Un train de l'Economique (le Tacot) s'apprête à quitter Veaugues en direction de La Guerche.


On a beaucoup dit sur l’inaptitude du Tacot à gravir les côtes, mais seules celles de Sens-Beaujeu et du Noyer étaient vraiment problématiques, surtout à la fin de l’automne lorsque les feuilles mortes faisaient patiner les roues ! Albert Pinson devait alors procéder au sablage des rails devant les roues, ce qui améliorait l’adhérence et permettait au convoi d’arriver en haut de la côte.

 

 

 



 La gare de La Guerche, vue ici avec une automotrice à vapeur Purrey, était le terminus sud de la ligne à laquelle était affecté Albert Pinson.





La ligne de St-Satur ne voyait guère passer plus d’un train de marchandises par semaine, ayant été délaissée par les voyageurs des années plus tôt. Il s’agissait de produits qu’on transbordait sur des péniches au canal, mais aussi de sable de Loire pour les entreprises de maçonnerie du Sancerrois et de silex, qu’on chargeait sur l’embranchement particulier des carrières Vacheron. Ces derniers servaient à l’empierrement des routes et chemins, et étaient répartis dans les gares du parcours.

 

Partis de Veaugues le matin (8h30), il fallait retourner la machine en gare de Neuilly – Moulin Jamet, car un rebroussement était nécessaire pour emprunter la ligne de St-Satur. Arrivés à Sancerre-Ville, pause-goûter (en fait le déjeuner) ; la pause était suffisante pour que nos sympathiques machinistes aient le temps d’aller saluer leurs copains vignerons dans leurs caves à Sancerre…

 

 

 

 


Au nord, la ligne s'arrêtait à Argent, situé sur l'artère P-O Paris-Bourges par Les Bordes, ouverte en 1884, et désertée par les trains de voyageurs dès 1940. C'était aussi le terminus du "B-A", ligne à voie métrique du Blanc à Argent.



Entre Sancergues et Argent, il y avait aussi des bestiaux, particulièrement des poulains de la région de Vailly qui étaient vendus pour le trait dans les fermes de la région. Le ciment et la chaux de Beffes constituaient également une bonne part du trafic, et un marchand d’engrais  (Picard) recevait des wagons à Sancergues.

 


Sur le parcours, on trouvait Vailly, village important en raison de ses foires.


Le retour à Veaugues marquait la fin du trajet pour tous les trains, mais pas la fin de la journée de travail. Il fallait en effet remiser la voiture de voyageur sur une des voies situées à gauche de l’atelier, trier les wagons de marchandises suivant leur destination, et former la rame qui devait être attelée le lendemain. Ce n’est qu’après tout cela que Monsieur Pinson pouvait quitter Veaugues, en général entre 17h et 18h.

C'est en rentrant de vacances, que j'ai hélas appris la disparition d'Albert Pinson autour du 15 septembre. C'est une partie de notre mémoire qui s'en est allée, et je remercie son fils Guy de m'avoir permis de le rencontrer.


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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 11:40

Le château des Aubelles était une résidence d’été des Comtes de Sancerre, située dans le Val, entre Loire et Vauvise. Certaines caractéristiques architecturales laissent à penser que les parties les plus anciennes remontent au dernier quart du XIIème siècle, notamment le mur d'enceinte situé au Nord-Ouest.


 




Vue sur le site des Aubelles, au travers de ce qui reste du portail principal d'accès, à l'Est.






 






La même vue, 100 ans plus tôt...






 

 

 

Il en reste l'enceinte polygonale, la chapelle et quelques bâtiments d'exploitation remontant au plus tôt au XVIIème siècle. Il s'agit d'une propriété privée qui ne se visite pas.


 


En vue aérienne, le site des Aubelles dessine un cercle. Il s'agit en fait d'un polygone à 14 côtés.

 

Le village de Ménétréol est à gauche, et la Vauvise juste à droite du canal.






Voici ce que dit l’abbé Vincent Poupart, historien du Sancerrois, en 1777 :

 

« Certains  termes d'une charte d'Etienne de  Sancerre, datée  de  1178, prouvent  qu'un bras de  la Loire  passait  en ce  temps-là,  proche  le bourg de  Ménétréol, en deçà  du château des Eaux-Belles,  et qu'il y  avait un pont de bois ou  de  pierre, pour passer  de  Ménétréol  à ce château.

 

 

 



Plan du Comté de Sancerre datant de 1674



 

 






Ceci peut être confirmé par les archives de St-Satur, où il est dit, p. 127 & 407,   qu'en 1228  et  1287,   la Loire  passait   auprès  du lieu appelé   "Rochettum",   aujourd'hui   "Rochoy", où il y  avait  deux moulins  et  des   saules   sur ce bras de   la rivière; et de fait, les prés qui   sont devant la métairie de la "Myvoie", s'appellent encore   les  Prés-des-Iles, quoiqu'ils ne   soient plus  entourés  par  la  Loire. Il n'y  a que  quelques années que l'on voyait encore aux murailles des Eaux-Belles les anneaux de fer destinés  à  attacher les  bateaux et, lorsque les paysans  creusent aux environs, j'ai remarqué, à quelques pieds de profondeur d'épaisses couches de jars (cailloux roulés par la Loire) et de sable.





La chapelle, en 1892.

 

Très abîmée, elle servait déjà de grange en 1788.



D'après une illustration de la brochure "Les Aubelles", publiée par l'association "Ménétréol Mémoires pour demain".




Ce  château des Eaux-Belles  était une  maison de campagne  des  Comtes de Sancerre, très bien fortifiée.  La base  de   ses murailles  faite  de pierres  de  taille  et  en talus,  du côté  d'un grand fossé, dont   il  reste  encore  quelques vestiges, dénote assez que  l'eau  les  baignait ; il  y  avait une  chapelle  dans  ce  château ; et l'on voit  encore  deux bénitiers incrustés dans le mur du bâtiment qui en servait.

 


 

 




Le site des Aubelles, d'après le plan qu'en a dessiné Alphonse Buhot de Kersers, à la fin du XIXème siècle

 





 


La Loire, dont un bras baignait autrefois le château des Eaux-Belles, s'en rapproche   aujourd'hui, et  probablement  y reviendra malgré  les efforts que l'on fait pour l'éloigner ; cette   rivière   gagne   sensiblement sur  la rive  gauche : il y  avait   autrefois, au-dessous  de  l'église de Bannay, une   fontaine, nommée   la  fontaine  de St  Julien patron  du lieu ; aujourd'hui, cette  fontaine est presque au milieu du bras de la Loire, lequel  passe en cet  endroit ; elle jette beaucoup d'eau, mais on ne la voit que dans les grandes  sécheresses. »

 

 

 


Le portail principal, vu depuis l'intérieur vers 1900, avant que la partie supérieure ne soit détruite pour agrandir le passage.


 






A Bannay, il existe encore le « Domaine de l’île », qui est depuis longtemps sur la rive gauche de la Loire. C’est probablement le même bras de Loire qui isolait les Aubelles et le Domaine de l’île, et sa disparition est peut-être à mettre en rapport avec la crue de 1313, qui déplaça le lit de la Loire vers l’Est. C’est d’ailleurs ainsi que disparut une chapelle qui se trouvait autrefois au bord de la Loire aux Loges (Pouilly).


 


La chapelle, vue en 1903. Elle a peu changé jusqu'à aujourd'hui.

 

Le bâtiment visible à gauche est construit à pans de bois. Il a depuis été totalement reconstruit.


  D'après une illustration de la brochure "Les Aubelles", publiée par l'association "Ménétréol Mémoires pour demain".

 

 

 

 

Description. — Il reste des Aubelles une enceinte de murs en ligne brisée formant un polygone presque régulier à 14 côtés, avec les restes d’une porte fortifiée à l’est; les trois faces du nord-ouest sont occupées par des bâtiments d'habitation  transformés en étables, puis récemment restaurés. Ils sont accostés d’une chapelle. Celle-ci et les murs extérieurs du logement, qui se confondent avec le mur d'enceinte, sont les parties les  plus  anciennes.

 

 

 

La chapelle aujourd'hui.

 

A mi-hauteur de l'angle du mur, au milieu du cliché, se voit le piédroit d'une fenêtre en plein cintre, datant probablement des premiers âges de la construction.







 

 

 





Vue rapprochée de l'élément d'ouverture cité au-dessus.










 

 

 




Le mur Nord de la chapelle en 1995

 

 

 

Cliché J-N Faucher

 

 


Au XVIIIème siècle a été élevée une tour carrée, face au village de Ménétréol, adossée à l’extérieur de l’enceinte. Mal construite et non chaînée, elle s’est détachée de l’enceinte et s’est ouverte aux angles.

 

 

 

 

  Vue du mur extérieur depuis le Nord-Ouest. La tour carrée est sur la gauche, adossée à la chapelle, dont le toit à un seul pan est reconnaissable. On aperçoi, à l'étage, la fenêtre géminée murée.  Cliché J-N Faucher

 

 

 

 



Le mur extérieur, sur sa partie la mieux conservée, au Nord-Ouets de l'enceinte.

 

Les bâtiments qui subsistent à l'intérieur sont adossés à ce mur, qui est percé de petites fenêtres très étroites, évasées aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.

 

 

 

 

 

 

 

Sur le pan suivant de l'enceinte, toujours à l'extérieur, cette fenêtre bilobée peut être observée à l'étage, aujourd'hui cachée par du lierre.


Ce genre d'ouverture est fréquent sur les maisons d'habitation fin XIIème et au XIIIème siècles.


Photo Association "Ménétréol Mémoires pour Demain"

 



Les murs ont leur pied extérieur légèrement en talus : ils sont en appareil moyen et ont encore aujourd'hui trois à quatre mètres de haut. Ils forment 14 pans. Il semble que l’enceinte fortifiée ait été à une époque entourée d’un fossé, alimenté par la Vauvise toute proche.

 

 


 

A l'intérieur de la chapelle, on peut voir cette niche, dont l'architecture est identique à celles visibles dans les caves de la Tour de Vesvre (Neuvy deux Clochers).

 

Ceci semble confirmer que les deux ouvrages ont été construits à la fin du XIIème siècle ou au début du XIIIème.





Photo Association "Ménétréol Mémoires pour Demain"


 

 

Le portail Est faisait saillie sur les murs. Il n'a conservé que ses côtés ; les pierres de la porte d'entrée ont été enlevées. Au-dessus étaient ouvertes deux fenêtres de plein-cintre et un placard ou niche intérieure. Un escalier à vis, dont l'alvéole rond se voyait encore au temps de Buhot de Kersers (vers 1890) béant à l'angle nord-est de cette tour, donnait accès à la pièce supérieure. Malheureusement, la partie supérieure du portail a été détruite pour agrandir le passage en 1926.

 

 

 

Des bâtiments d’exploitation agricole, plusieurs fois reconstruits, sont plaqués à la courtine au Nord-Ouest et ont remplacé ceux d’origine. En 1636, il était alors question de "masures habitées par un jardinier"; en 1886, un incendie détruisit partie de ces bâtiments. En 1788, ils servaient de logement au métayer qui cultivait le domaine, et d’écuries. A cette date, la chapelle servait de grange.

 

 

 

 

 

 

 

Cette photo a été prise lors d'une crue hivernale en 1980, depuis le pont sur le canal, à Ménétréol. Elle peut donner l'illusion de ce à quoi pouvaient ressembler les aubelles avant 1313, lorsque la Loire coulait à l'Ouest de son lit majeur

 

 

L'Association "Ménétréol Mémoires pour Demain" est sise à la mairie de Ménétréol. Actuellement présidée par Laurent Lepresle, elle a édité en 1995 une brochure rassemblant le fruit de ses recherches sur le site des Aubelles".

La famille Faucher, actuelle propriétaire des lieux, a repris ces recherches, qui sont présentées sur son très bon site Internet.

 

 

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 08:27
J'ai trouvé de nouvelles images des anciens ponts de Cosne. Les trois concernent le "grand pont", c'est-à-dire celui qui est le plus près de la ville, sur le bras principal de la Loire.


L'entrée du pont suspendu, côté Cher. Deux bâtiments, l'un en pierre, l'autre en bois, étaient construits sur la culée du pont, à gauche. Ces ponts ayant été à péage dans leurs débuts, peut-être s'agit-il là du bureau de ce dernier. On distingue une publicité pour les pneus Goodrich.



La plage de Cosne, au pied du grand pont. On distingue encore les piles en bois de la passerelle provisoire ayant dervi durant la construction du pont, ce qui situe le cliché en 1928 ou 1929.



Un premier bombardement détruisit dès 1940 le pont en béton construit en 1928. Il fut remplacé par une passerelle en bois, elle-même détruite plusieurs fois, soit par de nouveaux bombardements, soit par les crues de la Loire. Elle ne céda définitivement la place au pont que nous connaissons aujourd'hui qu'en 1960. Le cliché ci-dessus date probablement de l'immédiat après-guerre.
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 17:48

De nombreuses cartes postales anciennes de Veaugues et des villages environnants portent la mention : « D. Pinson, photo, Veaugues (Cher) ». Elles ont toutes été prises entre 1903 et 1913.

 


 



Désiré Pinson, photographié par lui-même le jour de son mariage.

 

Son appareil photo sophistiqué disposait en effet d'un mécanisme de retardateur.













 

 

 

 


Désiré Pinson est né en 1880 à Veaugues, et travaille tout naturellement chez son père François, qui est maçon. Nourrissant une passion pour la photo, il décide alors de s’acheter un appareil photo, alors que son épouse Ernestine, née Joulin, exécute toutes les opérations de tirage.


 



 Le premier matériel de Désiré Pinson fut acquis chez Photographie Vulgarisa­tion, 6 à 8, rue des Petites-Ecuries, Paris-Xc. L'appareil est un modèle "Chambre de voyage", format 13 x 18, type 1890, équipé d'un objectif Zeiss.



 


 

Il exercera ce qui est devenu son véritable métier jusqu’en 1913, date à laquelle il quitte Veaugues pour Henrichemont, puis Asnières les Bourges en 1914, où il décèdera en 1953. Il se déplace à vélo puis, à partir de 1907, en utilisant le tacot, faisant suivre son vélo pour rayonner autour des gares de la ligne.

 

 


 


 

Cliché de la place de Veaugues, un jour de foire ou de marché.







 



Son travail est aujourd’hui une précieuse source d’information pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de nos villages. En effet, malgré leur âge, ses clichés sont d’excellente qualité, principalement en raison de la taille des négatifs (13 x 18 cms) qui permettait un grain très fin.

 


 


 



La gare de Groises







 




Le second appareil de Désiré Pinson.

 

Ces appareils utilisaient des plaques de verre enduites de nitrate d'argent comme négatifs.

 

Leur grande taille permettait d'obtenir un grain très fin, et donc de très belles photos.


 

 




Le village d'Azy, comme tant d'autres, possédait sa mare.

 

celle-ci a été comblée pour élargir le carrefour de la route d'Etréchy.





 

 

 

C'est grâce à des photographes professionnels comme Désiré Pinson que nous savons à quoi ressemblaient nos villages autrefois, car  la pratique de la photographie était hors de portée du commun des mortels. Il a entre autres immortalisé les communes de Veaugues, Groises, Azy, Montigny, Neuilly, Neuvy, Bué, Vinon, Crézancy, Sens-Beaujeu, Sury en Vaux, Charentonnay, St-Andelain et Tracy.



Je tiens à remercier Monsieur Rousselet et son épouse Martine, qui est la petite-fille de Désiré Pinson pour l’information qu’ils m’ont aimablement communiquée.

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 09:19
L'étude des cartes postales anciennes nous révèle souvent d'intéressantes informations. Les originaux étaient produits à partir de plaques photographiques de verre de grande taille, ce qui permettait d'obtenir un grain très fin, malgré la qualité moyenne des objectifs de l'époque.

Une fois scannées (et non pas photocopiées!) avec les moyens informatiques modernes, on peut les agrandir de nombreuses fois, et ainsi découvrir plein de détails passionnants..


L'étude de quatre cartes postales, dont les copies m'ont aimablement été fournies par Mr et Mme Pioger (à Veaugues), m'a permis de découvrir que la maison faisant l'angle de la route de Sancerre et de la Grand Rue ( numérotée 349 sur ce plan de 1823, et coloriée en plus foncé) a été totalement reconstruite, probablement entre 1905 et 1920. Ceci serait aisément vérifiable en consultant les matrices cadastrales.





Photo prise avant 1907 du carrefour "des trois stops". La place est au fond. La maison étudiée est au premier plan à gauche, dans son état ancien, avec sa toiture basse.



La carte date de 1926; les travaux ont donc eu lieu avant. On voit que le bâtiment semble avoir été totalement reconstruit: la toiture est plus haute que celle de la maison suivante; les ouvertures ont changé de place; deux lucarnes ont fait leur apparitions sur la toiture, ainsi que trois oculus à l'étage, pour ventiler les combles.




Ici, nous voyons le chantier en cours, avec les ouvriers posant pour la photo. Les murs sont montés jusqu'à la base de la toiture. Des planches d'échafaudage sont appuyées contre les murs.



Nous sommes maintenant vers 1920, et la maison du carrefour a à peu près son aspect actuel. Le saule têtard a disparu dans les années 1980.




La même vue en hiver 2009. Une ouverture supplémentaire a été percée dans le mur faisant face au carrefour.













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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 10:30
Quelques clichés pris dimanche dans les rues de Sancerre, pêle-mêle...


Le "château" actuel de Sancerre a été construit à la fin du XXème siècle sur les fondations de celui du XIVème, endommagé durant le siège de 1573, et démoli sur ordre de Colbert pour affaiblir la puissance des Seigneurs (qu'on me corrige si je suis dans l'erreur...). En arrière-plan, St-Satur




Dans la rue Mac Donald (famille écossaise installée à Sancerre, rien à voir avec la malbouffe), une vieille maison qui a peut-être été une échoppe.

Les restes d'un palan au-dessus de la fenêtre du grenier laissent à penser qu'on devait y entreposer des denrées, peut-être de la farine.

Au fond, l'Hôtel de Pesselières.










L'Hôtel de Pesselières était la demeure des Sénéchaux de Sancerre. Une plaque émaillée en mauvais état indique qu'ils y ont résidé de 1338 à 1705.








Celui qui l'a rénovée a jugé bon de l'affubler de fenêtres en... PVC du plus mauvais effet!!!

Que font les "Architectes de Bâtiments de France", en général si pointilleux?





Un peu plus loin, juste en-dessous de la Maison des Sancerre, se remarque le "fantôme" d'une porte.

Son tableau était en chêne, soigneusement travaillé et chevillé.

Le reste est masqué par l'enduit.






Pour finir, j'ai craqué devant ce boîtier électrique délicieusement suranné, tout en fonte, et qui paraît être toujours en service...


L'âge du fer de l'électricité, en quelque sorte!


Pas tout à fait conforme aux normes actuelles, comment se fait-il qu'il ait échappé à la vigilance de nos dévoués contrôleurs et autres inspecteurs?

En tous cas, de quoi faire hérisser le poil à tout agent EDF qui se respecte. Peut-être évitent-ils cette rue?














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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 11:50
Après 8 mois de travaux, et quelques 780 000€, notre place est enfin entrée dans les temps modernes, et Veaugues n'a plus de raison d'envier ses voisins.



Voici notre place en 1906.

A droite, les grilles de l'auberge, aujourd'hui propriété Baudot. C'est peut-être le seul élément qui ait traversé le siècle intact.








La même vue en 1957.

Seul changement notable: l'arrivée de l'électricité, avec ses inesthétiques poteaux béton et supports métalliques.











Aujourd'hui, les inesthétiques poteaux et support ont disparu, comme les tilleuls.

Le monument aux morts a migré vers le bas de la place.

L'église, elle, est toujours là.

Plus la cabine téléphonique...






La place et l'église vers 1920.

Sans couleur, ça fait triste!










En 2009, il y a le bleu du ciel et le vert de l'herbe, mais le nouvel aménagement est d'une banalité consternante...

Certes, la surface de la vieille place était dégradée, et les arbres en mauvaise santé, mais on ne pouvait manquer plus d'imagination...




Le nouvel aménagement a au moins le mérite d'être fonctionnel, avec ses places de parking bien réparties, y compris pour les handicapés, et son sens de circulation bien étudié.

Par contre, pourquoi ne pas avoir prévu un emplacement "en site propre" pour l'arrêt du car devant l'école du village? Un déport de la rue vers l'église aurait même créé une chicane plus efficace que celle qui a été aménagée plus haut.





La Fête de la St-Loup, sur la place de Veaugues, au début du XXème siècle.










Et que dire du retour en force de la priorité à droite? Est-ce que cela apporte quoi que ce soit à la sécurité? Je ne crois pas; c'est simplement encore un effet de mode. Des milliers d'intersections avaient été sécurisées avec des "stops" et des "cédez le passage", et maintenant on revient en arrière!

Résultat, il y a ceux qui oublient de céder le passage, et ceux qui, même quand on leur laissse la priorité à laquelle ils ont droit, restent obstinément à l'arrêt!






En haut de la place, il y avait quelques beaux arbres, et notamment ce superbe cèdre bleu, promis à un bel avenir.









Le même endroit aujourd'hui.

Le cèdre est parti à la décharge...

Triste à pleurer!

Est-ce là le progrès?



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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 15:39

Samedi 27 juin, lors d’une réunion du Cercle d’Etudes Historiques du Sancerrois, fut évoquée l’existence (ou non) d’un pont sur la Loire à Saint-Thibault entre l’époque gallo-romaine et la construction du pont suspendu de 1834.

 


La principale « pièce à conviction » était un dessin en lavis du maître de l’Ecole du Nord Joos de Momper, et datant de 1600 environ, représentant un paysage de bord de rivière, avec une ville fortifiée sur une colline. L’auteur de l’article de la Voix du Sancerrois cite Alain Gesgon, qui a assisté à la vente aux enchères de l’œuvre d’art à l’Hôtel Drouot (Paris), en février dernier, pour la coquette somme de 5800 Euros.

 

 

Le pont suspendu de St-Thibault, construit en 1834, a succédé... au pont gallo-romain, probablement ruiné avant la fin de l'Empire Romain.


Son gabarit étant devenu insuffisant, il fut remplacé en 1931

 





Mr Gesgon, probablement emporté par son enthousiasme, a vu dans ce dessin « la preuve que le pont de Saint-Thibault était fortifié ». En fait, c’est le seul élément allant dans ce sens et, non seulement le pont ne devait pas être fortifié, mais il ne devait probablement pas avoir de pont du tout !

 

 

Le pont de 1931, en béton armé, semblables à ceux de Cosne construits en 1928, a été affaibli par les dommages de la 2nde Guerre Mondiale, et reconstruit vers 1980




 


- en 1567, le Prince de Bourbon, se rendant à La Rochelle, passe la Loire à gué à St-Thibault.

 

 

Ici, le plan du Comté de Sancerre de 1674.

 

On n'y voit pas de pont.





 



- les différentes cartes connues (Comté de Sancerre 1674 ; Trudaine vers 1750 ; Cassini vers 1800 ; cadastre « Napoléon » 1825) ne montrent pas de pont.

 

 

Le plan de Trudaine, datant du milieu du 18ème siècle, montre que la route venant de Saint-Satur s'arrête à Saint-Thibault.

 

Pas de pont là non plus.




 


- les services de diligence venant de Bourges aux 17, 18 et 19èmes siècles étaient tous limités à Sancerre.

 

- l’Abbaye de Saint-Satur a exploité un bac à St-Thibault du 13ème siècle à 1789.

 



Les restes du pont gallo-romain de St-Thibault






 


- il n’y a pas trace dans le fleuve des piles du « pont fortifié », alors que des blocs datant de l’époque gallo-romaine sont toujours visibles.

 


Au Moyen-Age, le passage de la Loire a été déplacé plus au sud, à La Charité, qui était une ville fortifiée dépendant de la Généralité du Berry. De plus, c’était un centre religieux important, avec une abbatiale, sur le chemin venant de Vézelay et allant à St-Jacques de Compostelle par Bourges. Un pont y est attesté depuis la fin du 15ème siècle.

 

 


 



Dans une cave située sous une maison des quais de La Charité, on peut encore voir une des arches du pont d'origine du 15ème siècle.


Elle a été "emmurée" lors de la construction de la route actuelle sur la berge, sous Napoléon 1er




 


Il en ressort probablement que, soit :

 

- le dessin est totalement fantaisiste, et l’artiste y a placé les éléments qu’il voulait y voir.

 

- le dessin a été commandé par quelqu’un qui avait donné une description sommaire des lieux, et Joos de Momper a pensé que la présence d’un pont s’imposait.

 

- le peintre a ajouté le pont « pour faire plus joli ».

 

- la scène représentée existe bel et bien, mais ce n’est pas Sancerre !

 

Reste que c’est un joli dessin, et qu’il a fait beaucoup parler !

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 12:01

C’est le 26 août 1907 que fut ouverte la halte de Neuvy-La Tour, située sur la ligne La Guerche-Argent des Chemins de Fer Economiques (SE). Elle est encore visible aujourd’hui, même si de nombreuses transformations ont quelque peu altéré son architecture.

 

La ligne avait été établie à l’écartement d’un mètre, contre 1,435m pour les grandes lignes comme celle de Bourges à Cosne, ce qui excluait la possibilité d’échange de voitures et wagons entre les deux réseaux.


 

 

La gare de Neuvy vers 1910.


Le train vient de Veaugues et se dirige vers Argent.

 






A cette époque, le temps avait une autre dimension, et il fallait par exemple deux heures pour parcourir les 49 kms séparant Veaugues d’Argent. On prenait le train pour se rendre aux marchés et foires, ou rendre visite à de la famille.

 

Les jours de grande affluence, on rajoutait des voitures au petit train, qui avait alors bien du mal à grimper certaines côtes. A Sens-Beaujeu et au Noyer, il fallait même parfois descendre pour soulager la locomotive. Les mauvaises langues disent même qu’on avait le temps de ramasser des escargots, le temps que le train arrive au sommet de la côte…


 

Une voiture voyageurs de la SE.


Celle-ci comportait un compartiment à bagages.

Chaque compartiment, accessible uniquement depuis l'extérieur, était chauffé par un poële à charbon.




Avant la Seconde Guerre Mondiale, seuls les commerçants, les notables et les gens aisés avaient une voiture ; les autres étaient bien contents de trouver le Tacot ! Ce sont surtout les progrès techniques de l’automobile, et l’amélioration du réseau routier qui ont sonné le glas des petits trains départementaux, qui ne voyaient déjà presque plus de voyageurs dès 1945.


 

 

La gare de Neuilly-Moulin Jamet, à 3 kms au nord de celle de Neuvy, était  importante, car s’en détachaient deux autres lignes de « Tacots ». L’une allait vers Henrichemont et Vierzon et eut une existence éphémère (1914-1939). L’autre rejoignait Saint-Satur par Crézancy et Sancerre (1908-1948). A Neuilly se trouvaient une remise à machines et un dortoir pour le personnel du train d’Henrichemont.

 


Le Tacot disparut dans l’indifférence générale durant l’été 1948. Monsieur Albert Pinson, de Montigny, a cessé définitivement son service le 15 août de cette année-là, sans pouvoir dire si un seul voyageur avait pris le « der des ders » du Tacot ce jour-là !

 


Une autre vue de la gare de Neuvy-La Tour

Au premier plan, le petit bâtiment abrite les toilettes (messieurs et dames), ainsi que la lampisterie.








La plupart des gares, qui ont survécu, et quelques ponts métalliques disparaissant dans les broussailles nous rappellent ces petits trains qui ont sillonné nos campagnes en cette première moitié du XXème siècle.

 

 

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