Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius
Une première gare, nommée Vinon-Bué en raison de sa situation à mi-chemin entre les deux villages, fut ouverte en 1893, avec la ligne Bourges-Cosne. Quinze ans plus tard, en 1908, fut ouverte la ligne à voie métrique reliant Neuilly–Moulin Jamet (sur l’artère La Guerche–Argent de la S-E), à Saint Satur. Une gare fut alors aménagée à l’Estérille, portant le nom de Bué. Vinon disposait donc d’une gare, et Bué de deux : une sur la grande ligne, l’autre sur le Tacot.
La gare du "Tacot", à Bué.
Un train en provenance de Sancerre entre en gare
La scierie Thuillier était établie à l'Estérille, tout près de la gare de Bué S-E, et possédait un autre établissement près de la gare P-O de Vinon-Bué. On y voit des billes de chêne attendre leur transformation en planches ou en poutres. Installés dans le vignoble, il est probable qu'ils aient produit des piquets de vigne en acacia ou châtaignier.

Une autre vue de la gare de Bué (S-E)
Là aussi, un train en provenance de Sancerre entre en gare
Le Tacot disparut en juillet 1948.
La gare Vinon-Bué de la compagnie du P-O était située en pleins champs, à mi-chemin, mais aussi un peu loin des deux villages. Comme à Bannay, Montigny et Ste-Solange, la halle aux marchandises est accolée au bâtiment des voyageurs.
Vue de la gare de Vinon-Bué vers 1910. Au fond, la direction de Sancerre. Vu le nombre de bagages attendant sur le quai de gauche, un train en provenance de Bourges doit être annoncé!
Madame Girault, qui coule aujourd’hui une retraite paisible dans une ancienne maisonnette de garde-barrière de Veaugues, travaillait à l’époque à Vinon-Bué et raconte : "A Vinon, il y avait une grande activité marchandises ; la gare expédiait les truites de l'élevage local ainsi que du vin, et recevait toutes sortes de colis en messagerie, ainsi que des troncs de noyer en provenance d'Espagne et du Périgord pour une scierie." Ces noyers faisaient d'ailleurs l'objet de tout un trafic peu licite; ceux du Berry avaient en effet une grande réputation de qualité, certains "négociants", aussi improvisés qu'opportunistes et fraudeurs, achetaient donc des arbres ailleurs, se les faisaient livrer à Vinon ou Veaugues, puis les réexpédiaient avec un label d'origine berrichonne plus que douteux.
Aujourd'hui, si la végétation a envahi les emprises de la gare, les bâtiments sont encore intacts, au moins à l'extérieur.
Le service voyageurs cessa en juillet 1966 sur la ligne Bourges-Cosne; la gare de Vinon-Bué fut encore desservie pour les marchandises jusqu'en 1969, au départ de Bourges, la section St- Satur-Vinon ayant été déposée. Le service en provenance de Bourges fut ensuite limité à Veaugues.
La gare vue côté cour. Au premier plan, le bâtiment des sanitaires, abritant également la lampisterie.
Vue côté voies...
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