Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius
En cet hiver pluvieux, les conditions sont idéales pour repérer tous les cours d’eau, pérennes ou pas. Profitons-en donc pour continuer notre exploration de la Planche-Godard et de son réseau ; aujourd’hui, nous en descendrons le cours depuis le Moulin d’en Bas (bourg de Veaugues) jusqu’à l'endroit où il traverse la voie romaine. Le ruisseau traverse une zone sans relief, et son cours est malheureusement réduit à un fossé calibré à la pelleteuse.
Ici, le bief amont du Moulin d’en Bas, qui est vraisemblablement le bâtiment le plus ancien du bourg de Veaugues. Sur la droite, le moulin ; en face, le canal de décharge avec sa pelle (vanne).
Plan de 1823, montrant le Moulin d’en Haut et ses environs. On voit que le bief amont du moulin empiétait plus qu’aujourd’hui sur la route de Sancerre. A droite, l’emplacement du « château », occupé actuellement par les PEP ; on y voit encore une tour ou un colombier.
Photo aérienne du cours de la Planche-Godard à Veaugues, à rapprocher du plan précédent. En bleu, le ruisseau. En jaune, les rues. En rouge, l’ancienne ligne SNCF Cosne-Bourges et la ligne du Tacot. En rouge pointillé, la Rue des Jonquilles, qui emprunte le tracé du Tacot et qu’il aurait été plus heureux de nommer Rue du Tacot en référence au passé ferroviaire de Veaugues.
Nous avons vu que le ruisseau se sépare en deux au Moulin d’en Haut. Ces deux bras se rejoignent en amont du pont construit en 1907 pour faire passer la ligne de Veaugues à Argent de la Compagnie des Chemins de Fer Economiques. Après la fermeture de la ligne, le pont fut élargi pour permettre le passage des voitures et camions. On distingue cependant ici aisément les culées d’origine de l’ouvrage, en pierre de taille ; le tablier de béton date vraisemblablement des années 1960 ou 1970.
Peu après, la Planche-Godard passe sous l’ancienne ligne Bourges-Cosne, dont cette section fut fermée en 1966.
Le même ouvrage vu « de dessus ». Nous sommes à l’emplacement des voies qui se dirigeaient sur Sancerre et Cosne. Le bâtiment à droite est l’ancienne prise d’eau de la gare de Veaugues. Une machine à vapeur pompait l’eau dans un bassin, et l’envoyait dans les châteaux d’eau de la gare, afin que les locomotives puissent faire le plein d’eau.
Après ce pont, le ruisseau s’élance dans la Plaine de Voisy. A droite, la vanne d’alimentation du bassin de la prise d’eau.
Un petit kilomètre plus loin se voient les restes de cette ancienne pelle. La seule explication que j’ai recueillie est que cette vanne permettait d’inonder les prés à certaines époques de l’année, à des fins d’irrigation. L’herbe y était ainsi plus verte.
Vue rapprochée du même endroit. On voit bien la rainure dans laquelle coulissait verticalement la vanne.
Bien que cette partie de la Planche-Godard coule à peu près toute l’année, on n’y voit pas de poissons en amont de Vinon, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Un vieil ami à moi, âgé de 87 ans, m’a raconté que, gamin, il pêchait la truite dans le bourg de Veaugues avant 1945. Certaines années, les crues inondaient parfois le bas du bourg. Les dispositions environnementales de la PAC (Politique Agricole Communautaire) ont imposé que des « bandes enherbées » soient laissées le long des berges des cours d’eau, ce afin de limiter le ruissellement des engrais et autres phytosanitaires.
Au milieu de la morne plaine, quelques arbres ont survécu aux remembrements successifs, et égaient un peu les berges sans vie du ruisseau…
La voie romaine Bourges – St-Thibault franchit aujourd’hui la Planche-Godard par un ponceau en béton sans caractère. Voici la description qui était faite de cette portion de route dans l’Atlas de Trudaine, vers 1750 : « On appelle vulgairement cette partie la Planche-Godard. Le terrain y est fort glaiseux et enfoncé. Elle reçoit les ravins des montagnes voisines et les eaux des prés qui lui sont contigus. Elle est bordée de haies et presque impraticable aux voitures dans les temps pluvieux ». Le géomètre avait une certaine imagination pour voir ravins et montagnes, mais le reste de la description est encore valable aujourd’hui…
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