Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius
S’il est une ville où la Défense a beaucoup contribué, et continue à le faire, au développement, c’est bien Bourges. Cette vocation fut initiée par Napoléon III, qui a souhaité éloigner des fronts de l’Est les établissements militaires, afin de les mettre à l’abri en cas de conflit avec l’Allemagne. L’histoire lui a hélas donné raison. Fabriques de pièces d’artillerie, de munitions, réserves de matériel, écoles diverses, d’immenses superficies sont peu à peu constituées, ainsi qu’un immense champ de tir (30 kms de long) destiné aussi bien à tester les fabrications qu’à entraîner les troupes : le « Polygone de Bourges ».
C’est grâce à la gentillesse de mon ami Nick, que j’ai pu obtenir une visite « sur mesure » du Musée du Matériel et de la Maintenance des Ecoles Militaires de Bourges, qui associe une partie couverte (ouverte au public sur réservation) et une sélection de matériel roulant représentatif des années 40 à 80. Commençons par ce très classique GMC « lot 7 », c’est-à- dire plateau-ridelles avec une potence de levage à l’arrière…
Puis une dépanneuse de marque « Diamond T ». L’armée définissait un type de véhicule, et plusieurs constructeurs participaient souvent à la fabrication. On retrouve donc parfois des véhicules identiques (ou presque) sous différentes marques.
L’intérieur, dont on devait être content de s’extraire pour se dérouiller les jambes. La place est très mesurée, et le siège non-réglable, comme il était d’usage à cette époque (1942)…
Montons en puissance avec cette dépanneuse lourde (les « Wreckers » américains). Cabine « torpédo », c’est-à dire bâchée ; mon guide m’explique que le confort des utilisateurs n’est pas le principal souci des concepteurs de tels véhicules. En outre, il a fallu faire vite…
Le tableau de bord ; là, pas de problème de garnitures qui vieillissent mal ! On remarquera la curieuse grille des vitesses, la même que sur les GMC, et qui a de quoi en dérouter plus d’un !
La bête est animée par un moteur à essence antédiluvien, qui avale sans complexes un bon litre au kilomètre…
Fini le matériel du « débarquement », et place à celui « made in France », avec ce camion lourd de dépannage (CLD) Berliet TBU 6x6 datant des années 1960. Il a 6 roues motrices, pour se sortir des terrains malmenés par les combats…
Sa cabine, même si elle nous paraît spartiate, est un formidable bond en avant par rapport aux deux précédentes ! Espace, siège suspendu et réglable, direction assistée, etc… Mon guide m’explique que, malgré les contrôles à l’entrée de cet établissement, des indélicats parviennent à dérober des accessoires durant les visites, tels le logo ornant le centre du volant de ce camion !
Une armée en campagne se doit d’être totalement autonome ; on fabrique donc son pain ! Ici, une remorque-pétrin…
Une fois la pâte pétrie et levée, elle passait à la cuisson dans cette remorque-fournil, permettant ainsi aux combattants de disposer de pain frais et croustillant sur le terrain !
Je ne présenterai que brièvement l’artillerie, en me contentant de ce char Panhard EBR (Engin Blindé de Reconnaissance) des années 1950-60. Muni de toutes les perfections de l’époque, il était animé par six moteurs de voiture Panhard accouplés en ligne. Inutile de préciser que l’intérieur n’a rien d’un palace sur roues !
Pour finir, voici le LARC, destiner à transborder les véhicules depuis les navires jusqu’à la plage lorsqu’on ne dispose pas d’un port. Réalisé entièrement en aluminium, il pèse 20 tonnes.
Si ses roues lui permettent de se déplacer sur route, en faisant attention car il fait tout de même 4 mètres de large, cette hélice entre en action lorsqu’il s’agit de naviguer. Voilà, un petit article qui dénote de l’ordinaire de mon blog, et merci à Jean-Christophe, mon guide passionné qui pourrait faire une conférence sur chaque pièce du musée !
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