Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius
Le moulin à huile de Pesselière est un des derniers survivants de cette petite industrie qui florissait jadis dans nos campagnes. Les moulins servaient à tout : grain bien sûr, mais aussi huile, fer (forges), tan (écorces pour le tannage des peaux), foulon (chanvre), etc… Mûs par l’eau, le vent, ou la force animale (en général un âne), ils ont souvent été électrifiés dès les années 1930. C’est le cas de celui de Pesselière.
Les noix, ici appelées « calons », arrivent débarrassées de leurs coques (l’opération s’appelle le « déliage »), par sacs qui sont dûment pesés à leur arrivée. Certains apportent leurs noix et repartent avec leur valeur en huile (1 litre pour 2 kilos de cerneaux). D’autres insistent pour que l’huile provienne de leurs propres noix. Certains enfin, comme moi, gardent leurs noix pour les manger, et achètent leur huile.
C’est l’occasion de bavarder un peu, retrouvant parfois des gens qu’on ne voit qu’ici, une fois l’an. Le moulin produit également de l’huile de noisette, mais ces dernières proviennent surtout de Turquie.
Les cerneaux sont étalés sur la meule dormante, et seront broyées par la meule tournante, entraînée par un moteur électrique qui a remplacé l’âne des premiers temps. Il faut ajouter un peu d’eau de temps en temps pour obtenir la consistance idéale.
La meule tournante, usée par les années, a été récemment remplacée par une pièce toute neuve, faite sur mesure par les carrières Sauvanet, à Suilly la Tour.
La pâte obtenue est ensuite cuite à 80° dans cette marmite chauffée exclusivement au bois, pour en libérer l’huile. Une palette assure le malaxage de la préparation. A noter que l’huile « vierge » est obtenue par pression à froid, dans passer par la case cuisson.
Arrive alors le pressage, effectué avec une machine centenaire. La pâte est placée entre deux toiles de jute, puis pressée. L’huile qui s’écoule est recueillie dans des bidons.
Les résidus solides, très secs, sont appelés tourteaux, et incorporés à l’alimentation du bétail.
Les toulons sont des récipients traditionnels en grès de la Borne ou de St-Amand en Puisaye, destinés au stockage de l’huile, qui est ainsi conservée à l’abri de la lumière et des variations brusques de température.
Face au moulin, cette petite maison a été agréablement restaurée, dans les règles de l’art, par son propriétaire (le même que celui du moulin).
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