Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius
Nous connaissons très peu de choses à propos du château de Veaugues, qui était situé en plein milieu du village, à l’emplacement de l’actuel établissement pour personnes handicapées. Tout au plus, Buhot de Kersers nous apprend-il que « la Seigneurie de Veaugues nous paraît anciennement jointe à celle de Pesselières dans les mains de seigneurs de la famille de La Porte, de 1243 à 1639. Puis Veaugues passe à François Macé, 1666-1678, et aux Lefort, 1732-1734 ».
Portail d’entrée du Château vers 1910
Or, on apprend (source : Jean Néraud) que le 6 Mai 1700, un quart de la Seigneurie de Veaugues fut acheté, conjointement à celle des Porteaux par Marie Dumesnil de la Bussière, veuve du Sieur de la Cour. Cette dernière se remarie le 30 décembre 1702, avec Antoine de Saugnac, écuyer, seigneur de la Garde, capitaine de cavalerie, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis et lui fait donation, par son contrat de mariage, de la terre des Porteaux et du quart de celle de Veaugues.
Dix ans après, le 23 février 1712. Antoine de Saugnac achète à Marguerite Lemoyne, veuve de François Dubois, procureur en la Cour de Parlement à Paris, les trois autres quarts de la terre et seigneurie de Veaugues. Marie Dumesnil décédant en 1713, Antoine de Saugnac se retrouve de fait propriétaire de l’ensemble de la seigneurie de Veaugues. Le 5 mars 1714, il se remarie avec Jacqueline Lepage, elle-même veuve de Louis Preinac.
Le bâtiment principal de l’ESAT de Veaugues, qui abrita l’hospice (face Ouest), date de 1788.
Sans postérité, Antoine de Saugnac, alors Seigneur des Porteaux et de Veaugues, rédige le 16 Octobre 1715 un testament dans lequel, entre autres dispositions, il demande que « l’un de ses deux châteaux soit converti en hôpital pour les pauvres : malades, vieillards, veuves et orphelins des paroisses de Veaugues et de Crésancy. Une personne pieuse, consacrée à Dieu, et que désignerait l'archevêque de Bourges, serait chargée d'installer des sœurs grises dans l'hospice. » Antoine de Saugnac était probablement visionnaire car, l'année suivante (1716), il mourut, vraisemblablement assassiné, fait sur lequel je reviendrai dans un autre article.
Afin de régler ses dettes diverses et d’assurer des revenus décents à l’hôpital qu’A. De Saugnac avait souhaité fonder à Veaugues, la propriété des Porteaux fut vendue en 1720. Des lettres patentes du roi Louis XV, en date du 12 Septembre 1721, confirmèrent la fondation de l’hôpital de Veaugues. Cet hôpital était doté de sources de revenus, en l’occurrence ceux de terres louées en fermage, diverses taxes foncières (cens), ainsi que les Bois des Hospices. La plus importante carrière de pierre de Veaugues (celle « aux chauve-souris ») est dénommée Carrière de l’Hospice ; faut-il en conclure qu’elle faisait partie des biens alloués à ce dernier ?
L’ancien hospice (face Est)
L’établissement bénéficiera d’autres revenus qui lui seront laissés au titre de donations diverses. Ainsi, le 6 Mars 1822, le Sieur Sabert, en échange de son admission à l’Hospice, laisse à ce dernier « une maison évaluée à 300 Francs, ainsi qu’une rente de 55 Francs » (Ordonnance Royale). La Veuve Ferrand fera don de « 3 portions de vigne évaluées à 60 Francs » le 30 Décembre 1822 (Ordonnance Royale).
Sur le cadastre de 1823, on voit encore le tracé des fossés qui devaient entourer le château de Veaugues, ainsi qu’un bâtiment rond, pigeonnier ou tour et un autre bâtiment derrière (aujourd’hui tous deux disparus). Le bâtiment situé au milieu est celui qu’on voit aujourd’hui et date de 1788 (Voir ici), mais qu’a-t-il remplacé ? La question reste posée, et des recherches approfondies s’imposent…
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