Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius
Les vestiges de la forteresse des Seigneurs de Gardefort, qui se trouvent dans un bois (propriété privée) qui jouxte le bourg, consistent en une plateforme de 60 mètres de diamètre environ, ceinturée d’un fossé encore profond de 4 à 5 mètres. Ce fossé est lui-même bordé de chaque côté par un talus pierreux nommé glacis.
Sur le rebord nord-ouest du plateau subsistent deux gros blocs de maçonnerie parallèles qui sont probablement les restes d’une porte fortifiée. Juste en face, sur la crête du fossé, le glacis en forme de croissant est plus massif et forme une sorte de barbacane. Une basse-cour occupait très certainement le nord-ouest et un peu le nord-est du site.
Le fossé ceinturant la plateforme est encore bien visible sur toute sa circonférence.
La morphologie du sous-bois paraît témoigner d’une occupation et probablement d’une clôture. De belles photos de l’ensemble sont visibles sur le site web de la commune réalisé par M. Cremer.
Ce « château » de Gardefort appartient à la catégorie des enceintes castrales. Les archéologues et les spécialistes en castellologie s’accordent pour dire que ce type de fortification a été mis en place entre la seconde moitié du Xe siècle et le XIIe siècle. Le caractère militaire de celle de Gardefort ne fait aucun doute en raison de la largeur et de la profondeur des fossés ainsi que la présence d’éléments de maçonnerie.
Deux vues des restes de maçonnerie à l'endroit où devait se trouver la porte d'entrée fortifiée
Cette enceinte aurait vraisemblablement été aménagée au début du XIe siècle quand Eudes II de Blois-Champagne devient maître de la région. Elle faisait peut-être partie d’un réseau de défense du futur comté de Sancerre face à la menace de la châtellenie voisine de Montfaucon (Villequiers). Notons au passage que Gardefort, avant la révolution, s’appelait Asnières, ou Asnières lès Gardefort.
Proposition de restitution du site, par Denis Fargeot et Jean-Marie Tournefier, qui se sont basés sur le mémoire de maîtrise d'histoire de Laurent Lepresle.
Il faut s'imaginer quà l'époque de sa construction, le site n'était pas boisé, et que sa position sur une butte lui permettait de surveiller toute la partie Sud du Sancerrois. Il devait en outre être entouré de maisons d'habitation qui ont peut-être subsisté bien après la destrution du "château", voire même jusqu'au xvième siècle.
A gauche, les vestiges de la tour-porte, vus depuis le fossé, et ci-dessous la proposition de reconstitution
Protégé par le couvert forestier, le site de Gardefort semble comme «fossilisé» dans son état initial. Est-ce le résultat d’un abandon ou de destructions survenus dans le courant du XIIe siècle, voire même au cours des deux siècles suivants ? Seules des fouilles archéologiques pourraient apporter des éléments de réponse.
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