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Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...

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Bouchures et Têteaux

1-Les-Porteaux--1-.JPG

Dans le langage campagnard de la région, il y a deux mots indissociables du milieu bocager : les bouchures (ou bouchetures), qui sont les haies, et les têteaux (ou têtiaux), qui sont des arbres recépés en hauteur. Ici, un vieil orme, probablement mort au début de l’épidémie de graphiose qui a décimé cette espèce à partir de 1980, dresse encore son tronc dépouillé de son écorce, mais encore dur.

 

2-balade-Moulin-Chetif.JPG

Si, dans les secteurs fortement remembrés, hélas souvent sans grande considération pour la qualité et de l’environnement naturel, toute végétation a disparu, il n’en est pas de même là où l’élevage prédomine. En effet, non seulement les haies et arbres isolés procurent de l’ombre au bétail, mais ils ne constituent pas la même entrave à l’évolution du matériel moderne que dans les terres céréalières.

 

3-Les-Porteaux--4-.JPG

Les haies ont été plantées depuis les temps immémoriaux pour marquer la limite des parcelles, et on en replante même de nouvelles là où propriétaires terriens, exploitants agricoles et administration ont compris leur utilité, à savoir régulation du ruissellement des eaux de surface, et hébergement de toute une petite faune sauvage utile à tous. Ici, un vieux chemin bordé de têteaux de chênes.

 

4 Les Porteaux (3)

Les têteaux (appelés aussi têtards dans certaines régions) peuvent être partie d’une haie, marquer des coins de parcelles comme arbres isolés, ou border des chemins forestiers. Ici, du côté des Porteaux, à Veaugues.

 

5-saules.JPG

Les prés humides voient prospérer de magnifiques saules, qu’on appellera plutôt « têtards ». Les branches coupées repoussent très vite, grâce à la vitalité de cette espèce.

 

6-Treloup-doc-1779--1-.JPG

Ce document remontant à 1779 scelle, devant un notaire de Sancerre, un arrangement à l’amiable concernant le prélèvement indélicat  par un humble manant de branches de « têteaux » sur une parcelle appartenant Mme de Gevry, veuve du seigneur de Bannay, et alors propriétaire du domaine et terres de Tréloup. Je cite des extraits :

 

 « … sa personne Vincent Petit manœuvre demeurant au Lieu du Briou paroisse de Crezancy lequel certain sans contrainte a declaré que mal apropos et sans aucun droit ny participations a depuis quelques jours de sça, coupé, etranché, et estesté plusieurs testaux darbres, dans une haye vive… »

 

« … Icelle terre joignante une terre apartenant aux petit du solleille levant entre les deux terre Et vue Boucheture de haye vive dependant De la terre de la d[itte] Dame… ».

 

8-Bois-des-Biaudes-2013-05-01--6-.JPG

Le fautif a probablement un peu débordé de sa propre parcelle sur celle de l’aristocrate dame, pensant que personne ne remarquerait cette incursion. Il s’acquitta, pour son forfait, de 30 sols, et l’acte notarié lui en coûta 25 sols et 5 deniers. « … branches il a presentement le Comptant payé a la d[itte] Dame la  somme de trente Sols pour la valleurd’icelle, le domage juste… ». Ici, au Bois des Biaudes, à Veaugues, un mystérieux groupe de têteaux...

 

9-Ste-Lorette--3-.JPG

Il valait probablement mieux un tel arrangement, que de risquer les geôles de la Dame de Gevry, ou les fourches patibulaires, pour quelques brassées de bois de chauffage ! Ici, des têteaux marquant une ancienne clairière cultivée, et retournée à la forêt depuis des décennies, ont pris d’étranges silhouettes…

 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur ce lien communiqué à l'instant par un de mes plus fidèles commentateurs:

http://www.arbre-et-paysage32.com/pdf/page08/Livret_Trognes_AP32.pdf

 

 

 

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L
<br /> Je ne connaissais pas du tout!<br /> <br /> <br /> Merci <br />
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S
<br /> <br /> Probablement parce que, dans ton coin (du côté de Nîmes, je crois), cette pratique n'existe pas. Tout comme chez nous, on ne voit pas de rangées de platanes tous penchés du même côtés comme le<br /> long des quelques routes languedociennes où ils n'ont pas été abattus!<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> La dernière fois que je suis partis en Normandie, dans l'Eure plus exactement, j'ai pu constater que le bocage avait fortement régressé aux profits des champs de blé. J'en ai demandé la raison à<br /> mes cousins habitant la région, et ils m'ont dit que depuis quelques années les haies étaient arrachées pour faire place aux cultures. Pourtant nos anciens avaient bien compris l'utilité des ces<br /> haies (comme tu l'explique). Quand il y a de fortes précipitations l'eau n'est plus drainée et cause parfois des innondations. Il ne faut pas que le bocage disparaisse, pour moi qui adore cette<br /> région, la Normandie sans son bocage n'est plus vraiment la Normandie. A bientôt<br />
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S
<br /> <br /> Les Normands feraient-ils aujourd'hui les erreurs commises par les Berrichons et les Nivernais il y a 30 ans? Ici, on en replante ça et là, en laissant de plus grandes parcelles. Pour l'éleveur,<br /> la haie a une utiliré directe en fournissant de l'ombre au bétail. Les tracteurs ne craignant pas le soleil, les céréaliers jugent les haies inutiles, avec la stérilisation de l'environnement qui<br /> s'en suit...<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> A propos de la philosophie sur la souffrance des plantes, il faut tout de même rappeler que la taille est une pratique courante en agriculture. Que cela se fait sans apport chimique donc de<br /> manière naturelle. A force de trop de sensiblerie mal placée, on en viendrait à interdire la production de tous les produits arboricoles mais aussi céréaliers : le rouleau pour faire taller doit<br /> être traumatisant pour la plante...<br />
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S
<br /> <br /> Si on s'interdit de couper les plantes sous le prétexte de leur éviter toute souffrance, et que de surcroît on est végétarien (ce qui sera probable dans le cas présent...), il ne nous restera<br /> plus que le règne minéral pour puiser notre nourriture!<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> Merci rde rappeler à la mémoire ces éléments essentiels qu'étaient les haies, bouchures dans le sud du Cher et dans l'Indre, trace dans la Nièvre et dans le sud-est du Cher et bouchetues par chez<br /> nous.<br /> On en appelait certaines des plaisses. Dans le travail d'entretien, on coupait aux deux tiers, à un mètre de hauteur, environ les branches. Puis on les allongeait en les tressant sur les autres<br /> troncs. Ces branches gardaient leur vie et cela permetait d'avoir une haie infranchissable.<br /> Pour ce qui est des têteaux, il ne faut pas oublier que les chèvres ont gardé de leur origine sauvage le goût de brouter. Donc, l'été, on coupait en vert des branches qu'on réunissait en fagots<br /> et mettait à sècher. Cela leur était servi l'hiver à l'écurie. Donc, la plupart des têteaux qui subsistent en Sancerrois étaient taillés en vert l'été.<br /> Pour ce qui est de la taille des haies, mon grand-pères en faisait son bois de chauffage et les taillaient l'hiver. Notamment dans un lieu-dit dénommé "La Demoiselle", probable qu'il avait<br /> appartenu à une fille non mariée de la famille de Couët. Un jour, ma grand-mère vient nous et dit :<br /> - "Vous avez vu le temps et mon mal-raisonnable qui est parti à La Demoiselle"... il va revenir dans un état !"<br /> Effectuvement, le grand-père est revenu griffé de partout... il y a des pineux dans les haies.<br />
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S
<br /> <br /> Merci pour toutes ces précisions! Les plesses étaient une forme très particulière de haies, comme vous le dites. Il en subsiste de très belles dans le Pays-Fort, notamment du côté de Savigny,<br /> Subligny et Le Noyer.<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Je comprends maintenant d'où vient mon aversion pour ce genre de pratique: en fait ça ne se fait pas du tout chez nous, je n'ai donc pas été habituée à voir ces arbres dans mon paysage. Mais<br /> effectivement j'en vois tout à fait les avantages.<br />
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S
<br /> <br /> Eh oui, autres régions, autres pratiques. Effectivement, je n'ai jamais vu de têteaux dans le Sud de la France! Mais si on torture les arbres, ici, au moins la chair humaine ne figure-t-elle pas<br /> au menu de la peu hardie gastronomie berrichonne... <br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Tomber un arbre entier pour le débiter en bois de chauffage ou pour l'ameublement c'est quand même autre chose que voir ces arbres dressés comme des moignons... non? Enfin heureusement la nature<br /> reprend toujours ses droits: régulièrement notre cantonnier "mutile" les grands platanes sur la place et à chaque fois les jeunes branches repartent de plus belle pour nous offrir de l'ombre tout<br /> l'été...<br />
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S
<br /> <br /> Visiblement, l'affrontement idéologique est imminent! Il y a deux façons de couper le bois de chauffage; soit tu le coupes au ras du sol, soit tu le coupes en laissant un "moignon", comme tu le<br /> dis aussi bien. Cette seconde méthode a trois avantages; l'arbre étêté sert de borne ou de jalon; ses repousses sont trop hautes pour être broutées par les animaux; et enfin, en repoussant, sa<br /> ramure fait de l'ombre au bétail. Seul inconvénient (pour l'homme): il faut une échelle pour couper les branches, ce qu'avait dû faire notre imprudent manant en 1779... Ces "moignons" bocagers<br /> (souvent du charme) et forestiers ne ressemblent en rien aux arbres d'alignements martyrisés par les agents des DDE (pardon, il faut maintenant dire Conseils Généraux...)!<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&ved=0CCoQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.arbre-et-paysage32.com%2Fpdf%2Fpage08%2FLivret_Trognes_AP32.pdf&ei=bSOaUqWUKamK0AWKoYHwBw&usg=AFQjCNHaYYgzVf_tTYhY4YjFSBPxzWoLdw&bvm=bv.57155469,d.d2k<br /> <br /> <br /> Je te conseille de lire ce petit document sur les arbres tétards, moi même dans mon modeste jardin j'ai deux petits saules que je taille un peu comme cela, j'a toujours idée de faire des panniers<br /> mais...<br /> <br /> <br /> A pluche.<br />
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S
<br /> <br /> Superbe, ce site! Je mets un lien actif ci-dessous en invitant tous mes lecteurs à s'y rendre!<br /> <br /> <br /> http://www.arbre-et-paysage32.com/pdf/page08/Livret_Trognes_AP32.pdf<br /> <br /> <br /> Tailler les arbres c'est une chose, la vannerie en est une autre, qui demande des "doigts de fée". Une idée pour ta retraite...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Je ne connaissais pas ce terme de "téteaux", et cette pratique semble moins courante chez nous. Moi qui aime tant les arbres je ne peux m'empêcher d'y voir un acte de barbarie, une mutilation<br /> dont je ne vois pas le but. Mais il faut avouer néanmoins que cela donne lieu parfois à des curieuses silhouettes.<br />
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S
<br /> <br /> Si tu considères ça comme un acte de barbarie, il ne te faut ni te chauffer au bois, ni avoir chez toi de meubles en bois! C'est la réaction que j'ai eu lorsque j'ai vu les beaux hêtres de "mes"<br /> bois tomber les uns après les autres (voir le récent article), et puis j'ai réfélchi et me suis fait une raison...<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Superbe ton article et puis la dernière photo est grandioses , jamais vu aussi original<br /> <br /> <br /> A bientôt<br />
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S
<br /> <br /> Si tu passes un jour dans le coin, je t'y emmènerai!<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> Elles sont vraiment belles tes photos d'arbres, et la dernière ! - on dirait que l'arbre tend les bras pour empêcher l'autre arbre de tomber ! Passe un beau week-end Sirius, à bientôt.<br />
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S
<br /> <br /> Je les surnomme "les danseurs", car ils ont l'air entraînés dans une ronde endiablée!<br /> <br /> <br /> <br />