Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius

Hier, je ramasse dans une mairie du voisinage cette affichette…

Doit-on réellement accepter la qualification de « greeter » pour participer gratuitement à l’enrichissement mutuel et aux échanges culturels entre individus pour un monde meilleur ?
Voici ce qu’en dit mon dictionnaire Harrap’s : le verbe [to] greet signifie saluer, accueillir avec quelques paroles aimables (ce qui semble pour moi le B-A-BA des bonnes manières). Wikipedia propose pour le substantif « greeter » qui en dérive le français « hôte ».
Je veux bien que le terme « agent d’accueil » a un côté statique, et fait plus penser à un guichet du Pôle-Emploi ou d’une administration impersonnelle et froide qu’à un beau jeune homme « branché » qui vous parlera avec passion de son quartier, mais ne pouvait-on pas solliciter nos méninges plutôt que de polluer encore une fois notre langue avec un mot américain qui s’ajoutera à une liste déjà trop longue ?
Ainsi, nos tracts, prospectus et autres affichettes sont devenus depuis quelques années des flyers,
- un emballage un packaging
- un autocollant un sticker
- un directeur un manager
- une entreprise récemment fondée une start-up
- etc…
Alain Roblet, Président de la Délégation du Cher de l’association Défense et promotion de la langue française, exprime bien mieux que moi cette indignation dans la lettre qu’il a récemment envoyée au Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, et dont je me permets de reproduire ci-dessous le contenu :
« Monsieur le Président,
J’ai l’honneur d’appeler votre bienveillante attention sur l’utilisation abusive d’anglicismes dans les médias, notamment à la télévision française ce qui irrite la plupart de nos concitoyens. Les « coaching », « story », « prime time », « people », « timing », « live », « best of », « the voice », « the battle », etc. prononcés souvent avec délectation en constituent un faible florilège.
Permettez-moi de me poser des questions? Cette pratique qui semble ne plus avoir de limite est-elle la traduction d’un snobisme ordinaire ou l’expression d’une paresse intellectuelle alors que l’équivalence en français existe ?
Certes, la langue française s’enrichit des idiomes étrangers mais l’anglais doit-il régner sans
partage ?
L’utilisation de ces anglicismes incontrôlés est-elle la parure d’un pseudo modernisme qu’une autorité voudrait nous imposer et qui participe de l’acculturation sournoise qui menace notre patrimoine culturel ?
Y a-t-il volonté de nous faire perdre notre âme dans une supra nation dominée par la culture anglosaxonne?
Y a-t-il volonté de nous faire abandonner tout esprit de résistance, tout esprit critique en tolérant l’avilissement de notre belle langue ?
La langue française est-elle devenue ringarde ? En avons-nous honte ?
J’entends nos détracteurs nous servir par naïveté ou lâcheté les mêmes poncifs en nous accusant « d’intégrisme » linguistique et de nationalisme « bien-pensant ».
En dénonçant ces excès, nous cherchons à valoriser notre langue et partant, le plurilinguisme, manifestation de la multitude des civilisations en bannissant toute idée hégémonique.
Nous demandons au Conseil supérieur de l’audiovisuel et à votre autorité de s’engager dans cette mission de sauvegarde de notre propre culture, et de contribution à son rayonnement.
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute
considération.
Le président,
Alain ROBLET »
A l’heure où l’identitarisme, national ou régional, revient en force avec les excès qu’on sait, notre langue, certes évolutive, n’en constitue-t-elle pas le meilleur ciment ?
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