Après 36 ans à Veaugues, direction Le Noyer pour vous faire découvrir son cadre, son histoire, et aussi quelques billets d'humeur...
Par sirius
Nous sommes durant l’Eté 1323. Charles IV « le Bel » règne depuis un an et demi sur une France dont le territoire est bien plus modeste qu’aujourd’hui. Le Comté de Sancerre est aux mains de Jean II, un descendant de la puissante famille de Blois-Champagne, et vassal direct du Roi...
A cette époque, et jusqu’à la Révolution, la paroisse (on ne parlait pas de commune) de Veaugues était morcelée entre deux Seigneuries. La Seigneurie de Veaugues proprement dite en occupait la moitié Ouest, alors que les terres plus à l’Est relevaient directement du Comté de Sancerre. Ceci explique, entre autres, que les bois communaux des Biaudes n’aient jusqu’ici pas été assujettis aux mêmes règles et tarifs que ceux des Usages et des Hospices.
« Les Dixmes sont une certaine portion de fruits que nous recueillons ou des revenus et profits que nous faisons par notre industrie, qui est dûe à Dieu en reconnoissance du suprême domaine qu'il a sur toutes choses, et que l'on paye à ses Ministres pour aider à leur subsistance. On appelle cette portion dixmes, parce que dans la plupart des endroits elle est la dixième partie des fruits ou revenus. » Telle est la définition qu’en donne un dictionnaire de 1758. Il s’agissait donc d’un impôt payé à l’église ; les Alsaciens le payent toujours.
Nombre de ces dîmes ont été accordées par l’église à des laïcs (nobles ou pas), voire usurpées par ces derniers. C’est ainsi que celle de Voisy se retrouve en 1323 entre les mains de « Jean Ogiers de Saint-Satur, fils de Regnaut Ogier ».
Ce texte d’une fraîcheur exceptionnelle et relativement facile à lire, surtout pour cette époque, décrit l’étendue des terres dont les habitants étaient redevables à Jean Ogier pour la dîme en question. Il est écrit à la plume d’oie sur parchemin (peau de chèvre ou de mouton), et conservé aux Archives Départementales du Cher sous la cote 6F 99.
Le « disme de laines, de blez et de aigneaus d’Oysi le Boys et d’Oysi le plain ». C’est ainsi qu’est intitulé l’impôt en question. On ne parlait pas de Grand et Petit Voisy comme aujourd’hui, mais de d'Oysi le Bois et Oysi le Plain (la plaine) ; il est difficile de savoir lequel correspondait auquel. La description parle de lieux-dits pour la plupart disparus, tels Les Rousses et Marcesois.
Au bas du document figure la date de l’acte : « l’an n[ost]re segn[eur] mil trois cenz et vint et trois le mardi après la feste Saint Pierre en Doust ». Jusqu'en 1960, il existait au calendrier la fête de Saint-Pierre aux Liens, célébrée le 1er Août. Est-ce bien la bonne?
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