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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 14:28
Veaugues n'est malheureusement pas un de ces villages dont l'architecture mérite un détour. Peu de maisons datent d'avant 1850, et celles qui ont subsisté ont én général été profondément transformées. En portant un regard attentif, certains éléments peuvent cependant attirer l'attention, comme des tableaux de fenêtres chanfreinés ou des linteaux contrés, ultimes témoins de l'époque pré-révolutionnaire.

Une maison a particulièrement éveillé mon intérêt: celle de Paul et Chantal Baudot, en plein centre du bourg, car elle présente une étrange association d'éléments architecturaux.


Bien construite et surtout bien rénovée, cette maison est indiquée sur l'ancien cadastre de 1823 comme "auberge"



Les deux bâtiments principaux (337 et 337 bis sur le plan, au centre de l'image), subsistent. Par contre, la partie droite (numérotée 333) du bâtiment au-dessous a disparu, remplacée aujourd'hui par un bâtiment moderne à usage de garage qui fait un angle droit avec la moitié subsistante.













Sur cette vue prise vers 1955, on distingue bien le bâtiment qui a disparu. C'est celui qui a la toiture surélevée, à droite au premier plan.

A cette date, la Poste n'a pas encore été construite.










ici, vers 1970, la grange n'a pas encore été abattue, mais la poste est présente.












Ce linteau reste énigmatique. Il présente visiblement en son centre le départ d'un meneau vertical (barreau de pierre divisant en deux la baie), élément utilisé aux XV et XVIème siècles. Les montants ont reçu un chanfrein se mariant avec celui du linteau, mais ne présentent pas de trace de meneau horizontal. La date de 1829, quant à elle, est en complète discordance avec le style

Quelle conclusion en tirer? Une fenêtre dont les meneaux d'origine auraient été supprimés, faisant ainsi remonter l'origine du bâtiment aux XV ou XVIèmes siècles? Ou bien alors des éléments de baie récupérés lors de la démolition d'un autre bâtiment, puis réinstallés là en 1829, d'où la présence de cette date? A noter qu'en 1829, il y a eu un grave incendie qui a détruit une partie du village.






De même, ce linteau à double accolade pose des questions. Est-ce une fantaisie de maçon ou encore une fois un élément de récupération?














Au premier plan, un fenestron dont l'encadrement est chanfreiné. date-t-il de la première diposition du bâtiment?

La fenêtre qui suit est, elle, munie d'un linteau cintré en trois parties, élément qui fait plutôt penser à la fin du XVIIIème siècle...

A l'arrière-plan, le grenier est éclairé par d'étranges hublots circulaires...





Sommes-nous en présence d'un batiment qui s'est vu transformé, avec chaque fois l'emploi du style en vigueur à l'époque, ou alors a-t-il été rénové après l'incendie de 1829, avec remploi d'éléments récupérés sur des bâtiments démolis?


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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 10:13

Un des grands sujets de préoccupation des Français en ce moment est, à en croire les médias et les blogs, le redécoupage administratif de notre Hexagone.

 

Je me suis souvent exprimé récemment sur divers blogs pour dire combien l’identité berrichonne m’est indifférente, comme toute notion identitaire ou communautaire, d’ailleurs, puisque ces dernières induisent forcément celles de ségrégation et de xénophobie (celle que les Solognots éprouvent pour les Sancerrois et vice-versa, par exemple).

 

La Région Centre semble vouée à disparaître mais, selon le journal-papier ou le « JT » qu’on regarde, ils ont tous entendu des rumeurs bien différentes. Voici les différents projets dont j’ai eu connaissance :

 

- rattachement de la Sarthe et de la Mayenne à la Région Centre : élargissement d’une région déjà dépourvue d’identité.

 

- éclatement de la Région Centre : le Loiret et l’Eure-et-Loir rejoindraient l’Ile de France ; l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher les Pays de Loire ; enfin le Cher et l’Indre une grande région Auvergne-Limousin. Disparition d’une région sans identité.

 

- La Région Auvergne fusionnerait avec Rhône-Alpes. Ceci signifie que, dans le cas où le Cher y serait rattaché (proposition précédente), nous serions dans la même région que l’Ardèche et la Drôme…

 

- fusion du Cher et de l’Indre pour faire un nouveau grand département de « Berry ». Sur les plans géographiques et historiques, cette idée est pertinente, mais qu’en est-il économiquement parlant ? Et puis qui choisir comme chef-lieu ? Bourges semble toute indiquée, car son rayonnement historique et culturel est d’un autre ordre que celui de Châteauroux (désolé pour les Castelroussins…), mais cette dernière se sentirait alors légitimement lésée.

 

Sur quels critères ces entités administratives (régions et départements) doivent-elles assemblées ? Géographiques (relief, végétation, climat), économiques, historiques, peut-être un savant panachage des trois ?

 

Une région naturelle rassemble deux (peut-être même trois, car je ne connais pas son histoire) ces trois conditions : le Morvan ! Actuellement à cheval sur quatre départements (Nièvre, Yonne, Côte d’Or et Saône-et-Loire), il présente une belle homogénéité. Quel chef-lieu pour ce nouveau département : Château-Chinon, Autun, Avallon, voire même Saulieu ? Et quel poids économique aurait une telle entité ?

 

Le Moulin de Marry (commune de Moulins-Engilbert, dans la Nièvre) est habité par des vaches. C'est bien dommage, car il mérite mieux, mais au moins ces dernières ne l'ont pas encore défiguré en l'équipant de fenêtres en PVC. Par contre, ces vaches resteront-elles nivernaises, deviendront-elles morvandelles, ou seront-elles rattachées à une nouvelle région Bourgogne-Franche Comté? Elles doivent en être tourmentées!


Revenons au Berry, appelé officiellement « généralité de Bourges » avant la Révolution. Selon les époques, il a débordé de l’autre côté de la Loire (La Charité, Donzy et Gien) et ce n’est que bien après la Révolution que la partie située entre Loire et Aubois, autrefois nivernaise, a été rattachée au département du Cher. Pendant longtemps, le Sancerrois a appartenu aux Comtes de Blois-Champagne avant d’être annexé à la Couronne de France en 1234.

 

Alors, seront-nous après la réforme en cours rattachés à Tours ou Clermont ? Est-ce vraiment si important ? Qu’est-ce que ça va changer à notre vie de tous les jours ? C’est vrai que je ne me sens aucune affinité avec les habitants de l’Eure-et-Loir, mais ça ne m’a jamais empêché de vivre ! Si demain, on doit être dans la même région que la Drôme, la Mayenne ou la Corrèze, le soleil se lèvera toujours !

 

Ah oui ! J’allais oublier un petit détail : je ne veux pas être rattaché à l’Ile de France…

 

 

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 08:47
Je ne me souviens plus si je l'ai déjà dit sur ce blog, mais le terroir de la commune de Veaugues, outre la vigne, porte une bonne trentaine d'espèces ligneuses (ligneux: végétal aux rameaux en bois, contrairement aux végétaux herbacés). Oui, certains (ou plutôt certaines...) me reprocheront d'étaler ma culture, comme la confiture dont une rectte suivra...

Parmi ces ligneux, donc, se trouvent les Cornouillers, représentés à Veaugues (et en France) par deux espèces: le Cornouiller Sanguin et le Cornouiller Mâle (pas si viril que ça, puisque ses fleurs sont à la fois mêles et femelles, comme beaucoup de végétaux). Comme l'auteur des Marionnettes, permettez-moi de vous les présenter.



Le Cornouiller Sanguin tire son nom de la belle couleur rouge sombre que prennent ses feuilles à l'automne. Comme son cousin le Mâle, il aime la lumière et le calcaire, et se plaît sur les lisières des bois et dans les clairières. C'est un "arbrisseau" qui atteint au plus cinq mètres de haut.





Le Cornouiller Sanguin fleurit en Mai-Juin. les fleurs en ombelle sont blanches.


Son bois est très dur, et ressemble à celui du Buis. Il se travaille très facilement, et on peut en faire de très bons manches d'outils; petits outils de préférence (marteaux, haches, etc...), car il est difficile de trouver des sections bien droites sur une assez grande longueur.

Le bois a une odeur particulière











Le Cornouiller Sanguin produite en automne des fruits globuleux noirs (5 à 8 mm environ). Ils sont toxiques et il paraît qu'on en extrayait autrefois une huile pour l'éclairage (je l'ai lu dans un vieux bouquin)















Désolé, mais c'est la seule photo que je possède du Cornouiller Mâle. Il est très difficile à distinguer de son cousin le sanguin. Dans les bouquins, on dit que le Mâle a toujours la tige de l'année bien verte (véridique...), mais celle du sanguin n'est pas toujours rouge...

Ses fleurs jaunes (la photo sera pour le printemps) s'épanouissent en Mars, permettant de le reconnaître à coup sûr. Là où il est beaucoup plus intéressant que son cousin, c'est qu'il produit des fruits comestibles. Ces fruits, de couleur rouge brique lorsqu'ils sont mûrs, ressemblent à de petites olives (2 cms maxi) dont ils ont le noyau.

Son bois a les mêmes propriétés que celui du Sanguin.





Gelée de Cornouilles:

Ramasser les fruits (ceux du Mâle, bien sûr) lorsqu'ils sont mûrs, et avant que les oiseaux ne les aient mangés; oui, ça ne laisse pas trop de temps, je sais...

Les mettre dans une bassine et couvrir d'eau; en fait, mettre le plus de fruits pour le moins d'eau possible, comme pour toutes les gelées. A ébullition, laisser frémir environ 20 minutes, puis égoutter et garder le jus. Là, le plus dur est à faire: il faut passer la pulpe dans une fine passoire (genre grillage à mouches), pour faire de la pâte de fruits, et séparant les noyaux.

Pour la gelée, ajouter son poids de sucre au jus, et faire cuire jusqu'à bonne consistance. il faut vérifier de temps en temps en mettant une goutte de liquide sur une assiette froide.

Pour la pâte, ajouter son poids de sucre à la pulpe et faire cuire tout en remuant. C'est prêt quand la pâte ne colle plus aux parois de la gamelle. Etaler dans un plat (un centimètre maxi d'épaisseur); laisser sécher (2 semaines environ), puis découper en petits carrés, rouler dans du sucre cristal et empiler dans une boîte en fer (boîtes à thé, par exemple), avec du papier cuisson entre chaque couche.

Gelées et pâtes de Cornouilles sont très parfumées et un peu acidulées.
On peut aussi, pour la gelée comme pour la pâte, utiliser un mélange de moitié pommes-cornouilles




Les deux Cornouillers se multiplient facilement par bouturage d'automne (Novembre-Décembre). Le mieux est de prélever un morceau de bois de l'année en conservant un 'talon" de bois de l'année précédente (environ 1 cm de part et d'autre de l'attache). Enlever les feuilles du premier oeil et enterrer le rameau jusqu'au dessus de cet oeil. Garder deux yeux hors de terre.
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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 13:46

Au croisement des routes Neuvy-Crézancy et Veaugues-Neuilly, le site de Vesvre est à l’écart des grandes voies de communication. L’automobiliste de passage ne pourra manquer la Tour, surtout depuis que sa toiture et ses façades ont été magnifiquement restaurées entre 1997 et 2006, mais l’ensemble du site est exceptionnel par son occupation continue depuis le IXème siècle jusqu’en 1961 date de la disparition de son dernier occupant.

 

Plan de 1745 environ

 

Le mieux est bien entendu de venir la visiter, sur RDV (tel 02 48 79 07 78 ou 02 48 79 21 88) ou le dimanche après-midi du 15 avril au 1er novembre. Vous aurez ainsi la réponse à toutes (ou presque) les questions que vous vous poserez, et pourrez admirer la superbe charpente…

 

D’ici là, j’espère que ces quelques photos sauront vous sensibiliser, et vous donner envie de venir voir de plus près Vesvre…

 

 

La Motte, bien conservée, constitue la plus ancienne occupation visible du site.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette carte postale du début du XXème siècle montre le "Manoir" accolé à l'angle NW de la Tour. Datant probablement de 1500 environ, il a été abattu vers 1975, et il n'en reste que quelques pans de murs et des caves.

 

 

 

 

 

La voûte des caves masque en partie le haur d'une niche datant des origines de la construction.

 

Ceci prouve que les caves ont été aménagées a-postériori, le niveau du bas étant au départ occupé par une unique grande pièce au plafond de bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la salle du rez de chaussée, le plafond est soutenu par deux grosses poutres reposant sur des corbeaux. L'une d'entre elles a ses extrémités décorées de "vouivres",  têtes sculptées d'un animal fantastique...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au même niveau, un réduit dans l'épaisseur du mur a été, semble-t-il, aménagé en oratoire, séparé du reste de la pièce par cette cloison ouvragée. Au-dessus de la porte, un médaillon très abîmé semble représenter un Christ en gloire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue prise depuis le chemin de ronde un matin brumeux d'hiver...

 

 

 

 

 


L'étage ne comporte qu'une grande pièce, bien éclairée au Sud et à l'Est par deux fenêtres. Les autres ont été murées ou partiellement murées lors des profondes transformations subies par le bâtiment.

 

 

 

 

 

 

 

La charpente, vue ici avant sa restauration intervenue en 1998, est un des plus beaux éléments architecturaux de la Tour. Dans sa configuration actuelle, elle date de l'extrême fin du XVème siècle.

 

 

 

 

 





Pendant les travaux de restauration de la toiture, en 1997-98, la Tour a été "emballée" dans une structure métallique la faisant ressembler à un silo. Les charpentiers ont ainsi pu travailler au sec quel que soit le temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Le site de Vesvre sur le plan cadastral de 1829, dit "cadastre Napoléon".

 

On remarque bien la Tour, le Manoir, la ferme, ainsi que la Motte et diverses habitations du hameau.

 

Le réseau des chemins a été redessiné depuis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue arérienne de l'ensemble du site, prise en 1990, avant la restauration de la Tour

 

 

Pour plus d'information, allez voir notre site: www.latourdevesvre.fr

 

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 19:46

En octobre et novembre 2001, ont été exhumés les restes d’un bâtiment, en plein champ sur la commune de Veaugues, non loin de l’ancienne voie romaine dite « chemin de Jacques Cœur ».


Vue d'ensemble du site

 

A cet emplacement, on savait qu’un bâtiment avait existé puisque, chaque année lors des labours, les tracteurs remontaient des pierres. Ont été dégagées les fondations d'un bâtiment rectangulaire de 9,20 m sur 5,60 m, orienté SW-NE, parallèlement à l'ancienne voie romaine (chemin Jacques-Coeur), à 130 mètres de cette dernière. Contre sa face E-NE, se voient les bases d’un ajout semi-circulaire. Il ne s’agit pas d’un four à pain car, dans le cas contraire, on verrait la base d’un massif de maçonnerie te non d’un mur.


Vue de l'"abside". Alors que les murs du bâtiment principal sont épais de 50 cms, ceux de l'abside n'ont que 30 cm. Les deux structures ne sont pas imbriquées, ce qui laisse à penser que l'abside a pu être rajoutée postérieurement.





 

A part les fondations des murs, n’a été trouvée qu’une pierre taillée sur trois faces pouvant avoir appartenu à l’encadrement d’une porte ou fenêtre. Dans les déblais, des tessons de petites tuiles de pays et quelques fragments de poteries. Un sol carrelé ou dallé a pu exister, mais ses matériaux ont alors été récupérés, car le sous-sol naturel se rencontre à environ 0,40 m de profondeur, sans horizon intermédiaire avec la terre végétale le surmontant. La porte d’entrée devait logiquement se trouver à l’opposé de l’abside, au SW.



 



PLAN DES FONDATIONS RETROUVEES










Le cadastre de 1823 ne montre pas de construction à cet endroit, ce qui laisse supposer que le bâtiment était déjà détruit à cette époque. Aucun élément ne permet de dater la maçonnerie, et aucun mobilier intéressant (tessons, tuiles, objets cultuels,etc…) n’a été retrouvé.



 

Etait-ce vraiment un édifice religieux ? Et quelle était sa vocation véritable, chapelle votive près d’un grand axe de circulation ou chapelle rattachée à un domaine ou un lieu-dit disparu ? Aucun texte connu ne mentionne quoi que ce soit à cet endroit..

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 08:41
Après la petite maison toute simple et sans prétention de Villedonné, je ne puis résister à montrer ce que peut donner la conjonction du bon goût d'un propriétaire et du savoir-faire d'un artisan du bâtiment.

Cette maison typique (Pesselière; commune de Jalognes) devait à l'origine comporter deux logements d'une grande pièce chacun. Une cormiche en pierre ouvragée couronne le mur de façade, servant d'appui à la charpente. Les chaînages d'angle en alternance de pierre et de brique sont plus récents, et datent de la construction du bâtiment mitoyen sur la gauche.



Seuls les plants de kiwis, idéalement exposés sur la façade sud, peuvent sembler anachroniques et, tout au plus, peut-on souhaiter qu'un jour EDF songe à faire disparaître le hideux poteau en béton.

Félicitations à Monsieur Guy Millérioux, huilier à Pesselière, qui a su faire restaurer cette maison dans les règles de l'art.

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 08:20


Cette petite maison à première vue toute simple a cependant un atout exceptionnel: son authenticité! Celui qui l'a bâtie a même mis un soin tout particulier à son travail, en dotant la porte et la fenêtre de linteaux cintrés en trois partie avec clé de voûte, ce qui lui donne beaucoup de charme.

Elle n'a pas subi les outrages typiques des années 1950-60, infligés par des propriétaires qui voulaient être dans l'air du temps. Combien de maisons rurales n'ont pas à cette époque vu leur architecture typique massacrée par des gens qui, pensant que le béton était plus beau que la pierre, ont consciencieusement fait disparaître quartiers d'angle et tableaux de fenêtres en pierre!

Si cette époque a heureusement vu la plupart des habitations rurales se doter des sanitaires indispensables à l'hygiène moderne, elle aussi été une catastrophe sur le plan de l'esthétique.

Seul un nouvel enduit couleur ocre jaune lui manque, et gageons que les propriétaires de cette jolie maison située à Villedonné (commune de Veaugues) sauront préserver son charme!
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 13:48
Les belles journées comme celles d'aujourd'hui (10° avec un beau soleil) sont l'occasion pour certaines bébêtes de montrer le bout de leurs antennes. On peut alors croiser quelques abeilles à la recherche d'un hypothétique nectar à butiner; peut-être le trouveront-elles dans la corolle d'un perce-neige, d'un crocus ou d'une rose de Noël...











Cette abeille se régale du nectar d'un crocus...



















Ces "gendarmes" profitent des premiers rayons du soleil pour se réchauffer. Ils tirent leur nom de leur couleur, qui rappelle celle de l'ancien uniforme des Gendarmes.


Totalement inoffensifs, ils se nourrissent de débris de végétaux, et ne dressent pas de PV.












Cette boule aux délicats arabesques est un nid souterrain de guêpes. Il est construit en carton, que les insectes fabriquent en rapportant des fibres végétales, qu'elles  agglomèrent avec leur salive

Exactement comme on fait dans les papeteries, à la différence près que les ouvriers papetiers ne sont pas condamnés à mâchonner toute la journée.

Celui-ci est de la taille d'une balle de tennis, mais ils peuvent être beaucoup plus gros!













Photomontage? Non, cette chenille de Grand Paon de Nuit est bien de la taille d'une saucisse! A l'automne, elle se muera en une chrysalide, qui attendra bien protégée dans son cocon de soie les beaux jours pour ressusciter sous la fome d'un immense papillon velouté aux ailes ornées de deux grands yeux...





Le Lucane, ou Cerf-Volant est un de nos plus grands insectes. Celui-ci montre un vif intérêt pour une Quetsche de 3 cm environ.

Incapables de pincer, ils se déplacent et volent lentement, avec un bourdonnement caractéristique.













Toutes nos araignées ne sont pas aussi effrayantes que cette Tégénaire Domestique, dont l'envergure peut dépasser les dix centimètres; elle est cependant inoffensive pour l'Homme, se contentant de fuir aussi vite que lelui permet ses longues pattes.




Cette Argyope parée de belles couleurs vit dans les bois et les jardins; on ne la trouve pas dans les maisons.

Elle est de la même famille que les Epeires, et tisse sa toile entre les branches. Son corps peut atteindre la taille d'une olive
















Le corps de celle-ci n'est guère plus gros qu'un pépin de raisin, et sa couleur la fait passer inaperçue. Bien dommage, car elle est si belle dans sa livrée verte deux tons! Il existe même des araignées roses, qu'il faut découvrir tapies au fond de la corolle des fleurs, à l'affût de quelque insecte butineur...


Voilà, vite présentées, quelques bêtes que nous ne remarquons en général même pas. Il suffit parfois de s'asseoir sur un banc dans son jardin et d'attendre, tout en ouvrant l'oeil. Bientôt, ce sera les oreilles qu'il faudra ouvrir, avec les premiers chants d'oiseaux!













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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 08:29

Notre village a-t-il des origines gallo-romaines, voire plus anciennes ? C’est une hypothèse envisageable au vu des vestiges qui ont été trouvés, même si cela n’a rien de certain. Le seul ouvrage récent consacré au patrimoine ancien du département, la Carte Archéologique de la Gaule (tome du Cher), par JF Chevrot et J. Troadec, mentionne pêle-mêle pour notre commune :

 

- La voie romaine Bourges-Sancerre qui traverse la commune.

 


L'ancienne voie romaine (au premier plan, à travers champs) forme la limite entre les communes de Veaugues et Jalognes.



- un site antique près de ladite voie.

 

- à la fin du XIXème siècle, un dépôt monétaire composé de 140 à 160 sesterces de Trajan à Marc Aurèle a été trouvé « près de l’aqueduc romain »

 


Cette figurine gauloise en plomb a été trouvée par un amateur près de la voie romaine.







- un aqueduc romain a été trouvé en 1832 sous une maison de la route de Neuvy.

 

- près des Brosses, un enclos quadrangulaire (ferme de l’époque gauloise ?).

 

- au Petit Voisy, une nécropole protohistorique (âge du fer) comportant plusieurs enclos de formes diverses.

 

- au lieu-dit « Champ du Canon », un édifice romain

 

- au lieu-dit Sarry, une villa romaine, avec à proximité un tumulus ou une motte.

 

Qu’est-ce que le promeneur peut voir aujourd’hui de ces vestiges ? Certains, comme les enclos et sépultures protohistoriques (temps de gaulois) ne sont discernables que par les professionnels de l’archéologie. Certains de ces éléments peuvent cependant être aperçus sur les photos aériennes, mais il n’y a rien à voir au sol.

 

Les pièces de monnaie, à moins qu’elles aient eu la chance d’être découvertes par un archéologue, ont certainement été éparpillées au cours de reventes successives.

 

Le « site antique près de la voie romaine » n’a jamais été identifié avec certitude, et il se peut que ce soit le même qui soit repéré au Champ du Canon et à Sarry.

 

En fait, le seul vestige bien visible de cette époque est l’ancienne voie romaine qui constitue la limite au Sud-Est avec Jalognes, et qu’on connaît sous le nom de « Chemin de Jacques-Cœur ». Malheureusement, elle n’est pas longée par un souterrain comme le disent beaucoup de gens, et l’explication de l’origine de cette légende viendra avec une autre communication…

 


La voie romaine près des Averdines. En haut, la route d'Azy; la courbe est celle de l'ancienne voie ferrée. La trace blanche correspond à la partie empierrée de la voie romaine. Les deux bandes sombres de part et d'autre, aux fossés latéraux riches en matières organiques.




Très intéressant est l’aqueduc retrouvé à plusieurs reprises depuis 1832, et qui longe la route de Neuvy. Chaque chantier dans ce secteur l’a vu apparaître, et sa dernière découverte date de 1996, quand des membres du Club Spéléo-Archéologie de Veaugues furent appelés par un riverain qui avait vu apparaître, en décapant un terrain, « une bande sombre régulière ».

 

Un sondage a fait apparaître la partie basse de cet aqueduc, large de 18 cms, et dont les parois étaient enduites d’un mortier rose. Bien plus intéressantes que sa structure sont son origine et sa destination !



Par définition, un aqueduc capte une source à un point haut pour l’amener sur son lieu d’utilisation plus bas ; celui-ci peut être une agglomération (cas des aqueducs de Bourges) mais, à Veaugues, il s’agit probablement d’une riche villa.





Ce sondage montre le canal (cunette) de l'aqueduc.






Si on étudie le réseau hydrographique local, notre aqueduc devait capter l’eau d’une source pérenne située sur le cours de l’un des affluents de la Planche-Godard, à savoir donc à Villedonné, Sarry ou Epignol.

 





Cette autre coupe montre bien le radier de béton, et les pierres qui ont été disposées au fond de la tranchée autour de l'ouvrage. Le marteau donne l'échelle.







Aucune de ces sources n’est pérenne aujourd’hui, mais cela est peut-être du aux différents pompages effectués pour l’alimentation en eau potable ou par les agriculteurs. En outre, la pluviométrie a peut-être changé en 2000 ans, et le ruissellement entraîné par le déboisement y est certainement pour quelque chose.

 

La source d'Epignol a peut-être des originies gallo-romaines. Soigneusement aménagée au moyen de grosses dalles de calcaire, elle alimentait un lavoir aujourd'hui ruiné. Réhabilité à peu de frais, et surtout bien entretenu, l'endroit pourrait devenir un charmant but de promenade...


Aucun travail de recherche n’ayant été effectué en amont du village, et aucune découverte n’ayant pu apporter la moindre information, le lieu de captage reste inconnu.

 

Le tracé et la pente de l’aqueduc conduisent tout naturellement à penser que l’établissement qu’il desservait se trouvait à l’emplacement de l’actuel établissement pour personnes handicapées (IME / ESAT), en tous cas à un point bas du village.

 

Le site de l'ESAT était connu sous le nom de « château », ou d' "hôpital" (ici, le cadastre de 1823), et il est probable que diverses constructions s’y sont succédées au cours des âges. Le premier était peut-être une villa romaine…

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 10:52

 

entree-carrieres-copie-1.JPG
 Carte postale ancienne montrant l'entrée des Carrières (niveau inférieur) vers 1905, alors toujours exploitées. Quel habitant de Veaugues peut dire que, gamin, il n’a jamais joué dans la « Carrière » ? Son entrée béante s’ouvre à la lisière de la forêt, au flanc d’un côteau au relief modelé par les gravats rejetés là durant des décennies, voire des siècles. Elles tirent leur nom du fait qu’à un moment donné de leur histoire, le terrain devait appartenir à l’Hospice de Veaugues, les exploitants payant une redevance sur la pierre tirée.

 

entr-e-carri-re-Hospice--2-.jpgLes Carrières de l’Hospice étaient le plus important site souterrain d’extraction de calcaire de la commune de Veaugues, et aussi le seul accessible aujourd’hui au public. L’entrée principale se trouve en limite des bois du même nom, au Sud-Ouest du bourg. Jusqu’à la fin de l’exploitation, vers 1925, elle servait à sortir les pierres extraites à l’intérieur.


entr-e-sup-rieure.jpgLes carrières se composaient de deux niveaux superposés, sans qu’on puisse dire à ce jour lequel est le plus ancien. Ce qui semble certain, c’est que le niveau supérieur possédait à l’origine une autre entrée, qui fut condamnée suite à un effondrement; les blocs furent depuis lors descendus au niveau inférieur par un puits carré qui existe toujours. L'entrée du niveau supérieur s'ouvre dans les bois. A l'origine, il y avait là un porche comparable à celui du dessous. Il s'est effondré au début du 20ème siècle. Nous ne connaissons aucun document relatif à l’exploitation de ces carrières. Un plan a été découvert dans une décharge, et il reste les témoignages de certaines personnes, entre autres René Chapaux, dont le père y a travaillé dans les derniers temps. De temps à autres, on entend encore certaines personnes du village affirmer qu’il est possible d’entrer dans une carrière (et en voiture, s’il vous plaît…), et de ressortir par une autre, en étant passé sous une partie de la forêt… Ces affirmations sont du même acabit que celles qui prétendent qu’il y a un souterrain sous la voie Jacques Cœur !

 

 

hu-tres.jpg

Au Jurassique supérieur (Oxfordien), il y a environ 140 millions s'années, le site se présentait sous la forme d'une mer chaude et peu profonde, rappelant les barrières coralliennes que l'on trouve aujourd'hui dans les mers tropicales. L'eau y était en perpétuelle agitation, et sur les récifs se formaient madrépores et coraux, dont on retrouve actuellement les squelettes fossilisés dans le calcaire crayeux des carrières. On trouve de nombreux brachiopodes (Térébratules et Rhynchonelles), des mollusques bivalves (Pholades) généralement en moulages internes, et de grandes huîtres très difficiles à extraire, apparaissant ici en coupe. 

 


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L'intérêt de la pierre blanche du Sancerrois résidait dans sa facilité d'exploitation et de mise en forme, car c'est un matériau assez tendre. Toutes les exploitations étaient souterraines; les accès se faisaient à flanc de côteau, et une rampe horizontale menait au porche d'entrée. Les carriers abattaient la pierre par tranches successives, au fur et à mesure, laissant des piliers pour soutenir le plafond. Ils pratiquaient à la barre à mine une entaille de la dimension du bloc à détacher, puis y enfonçaient des coins de bois bien sec; ils arrosaient ensuite les coins et, en gonflant, ceux-ci faisaient éclater la roche, laissant ainsi tomber le bloc convoité. On pouvait aussi introduire des coins en fer, et frapper. 


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Après avoir pratiqué une entaille au-dessus et sur les côtés du bloc à extraire, on disposait des coins en fer qu'on frappait, ou des coins de bois qu'on mouillait pour les faire gonfler. La roche se fendait et le bloc sortait de la paroi.


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Les blocs étaient en général débités sur place selon les commandes; les déchets étaient entreposés dans les parties déjà exploitées, comblant de la sorte certaines galeries (étage supérieur), ou jetés au-dehors.Les ouvriers ménageaient de petites niches dans la paroi pour y placer leurs lampes à huile...


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La pierre tirée du niveau supérieur était descendue au-dessous par le puits carré, l’entrée supérieure étant réservée à l’accès du personnel. Les blocs extraits étaient ensuite tirés au-dehors au moyens de treuils appelés crapauds, sur des chariots puis, au moyen d’un quai, transbordés sur des fardiers tirés par des chevaux. Des camions ont peut-être été utilisés dans les dernières années d’exploitation. Matériel exposé à la Carrière d'Aubigny (89 Taingy)


inscriptions-plafond.jpgLes carriers inscrivaient souvent leur nom au plafond avec la fumée de leur lampe à huile. Ici, Lucien Guillerault, 24 ans, en 1909.



 

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Published by Sirius sirius - dans villages
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