Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 12:16

1-liasse.JPG

Informée de mes recherches sur l’histoire du Domaine de Tréloup, à Veaugues, une personne de ma famille m’a fait parvenir une liasse de documents anciens, une vingtaine datant de 1612 à 1779, que je vais m’efforcer de déchiffrer, avec l’aide de quelques auxiliaires pleins de savoir et de bonne volonté.

 

2-doc-1664.JPG

La plupart concernent des achats de petites parcelles par les propriétaires de Tréloup, et sont rédigées devant les officiers de justice de l’époque. Celui-ci date de 1664, et est un des plus faciles à déchiffrer.

 

3-numerisation.JPG

Première opération : les numériser avec un système de fortune simple, mais efficace…

 

4-ordi.JPG

Inutile de préciser que jamais les personnes mentionnées dans ce document de 1612 n’imaginaient qu’il se retrouverait un jour à côté d’un clavier d’ordinateur. J’avoue qu’il y a une certaine émotion à manipuler des documents rédigés sous la régence de Marie de Médicis, deux ans après l’ assassinat d’Henri IV, à une époque où des accusations d’hérésie ou de sorcellerie pouvaient conduire au bûcher…

 

5-resume-1612.jpg

Un petit résumé au dos de celui-ci précise qu’il concerne un « contrat de vente d’une pièce de pré faite à Mr Dubois de 2 hommées et demi de fauche à Trélou ». Mr Dubois était le propriétaire de Trélou(p) en 1612. A cette époque, on avait des mesures approximatives et, selon le courage et la résistance du faucheur, « l’hommée » pouvait être plus ou moins étendue… sans parler de la longueur du jour lors de ladite fauche !

 

Revenons à notre texte de 1664, dont mon ami Jean Dagallier (que je remercie encore !) a aimablement corrigé la transcription un peu « brute » que j’en avais fait. Voici donc le texte correctement déchiffré :

 

« A tous ceux qui ces présentes

 lettres vivront estienne Millet

Seigneur de gardefort advocat en

Parlement bailly des ville et Comté

De Sancerre meche et bannerois

Garde du scel estably aux

Contraicts dudit Comté, Salut

Sçavoir faisons que pardevant

Jean Courtois nottaire et tabellion

Cré et Institué soubz ledit

Scel, aesté Requis et passé

Le Contraict de vente dont

Lateneur ensuict, L’an mil

Six Cent Soixante et quatre

Le seizeième Jour d’aoust

Hostel du nottaire soubzsigné

Furent présentes en leurs

Personnes honnorable homme

Claude philipot marchant

 

LDeprésent demeurant au village

Du grand Voisy paroisse de Veaulgues

Et Honneste femme françoise Triboudet

Son espouse dudit Sieur son mary

Dhument et suffisament authoriséé

Lesqueles Certains ensemblement et

Sollidairement ung chascung deux seul

Et pour letout sans division, renonceans

Au bénéfice de diviser les actions

Ordre de droit et premierse disention

De Biens, de leurs bons grée

Et bonnes volontéé sans force

ni Contrainecte, ont Cogneu et

Confessé avoir vendu Ceddé

Quitté délaissé et transporté

Et par ces présentes vendent

Ceddent quittent délaissent et

Promis garentir ennuix et Contres

Touts detous troubles debats

hypoteques et empeschemens

Quelconques sauf des charges

Cy apres, A Honnorable

 

Homme maistre Jean Dubois

Fermier général du Comté de

Sancerre procureur au bailliage

Dudit lieu y demeurant présent

Et acceptant pour luy sa femme

Et les leurs, c’est asscavoir

La quatriesme partye dune

Piece de pré assis enla

Prayrie de Vauveredon paroisse

De Crezency Justice de Vauvredon

Et Indivis et apartir a la fourche

Et au Rasteau auci autres

pourtions audit sieur dubois

Appartennant, qui Jouste

dung long la terre et d honnorable

Homme maistre claude Saunier

Dautres long  les préé e de

Jean Raffestin Laisne Jean

Berneau le jeune accause de

Sa femme et autres, dung

 

 

Bout par le dessoubzs le bois

despendant de la Seigneurie de

Latour, et generallement touts

Autres droites parts et pourtions

Que lesdit sieur Philipot et

Triboudet peuvent avoir apretendre

En ladite pièce de préé, et Comme

Elle appartient a ladite dame

Triboudet accause de la succession

De defunect Honnorable Homme Jean

Triboudet son pèere, et d'Icelle

sen sont lesdites d evestus

Desunies et dessaisies, pour

Et au proffict dudit sieur dubois

Et Icelluy Constitué en leurs

Lieu et droit, aux charges

Des droits et débuoirs Seigneuriaux

Sy aucungs se trouvent Estre

Deübéé Envers les Seigneurs

Ou dames quil appartiendra

Affermants Lesdits Vendeurs

 

Par Serment d eux pris au                                                      

Cas Requis ne scavoir quil                                                  

En soit seul amenné chose pour                                                       

Nen avoir Jamais rien payé

Francs et quitte des arrerages

Desdites droits et de tous

Autres hypoteques detout le                                      

Passé jusques a huy la presente  

vente faicte outre pour et

Moyennant le prix et somme

 De soixante livres tournois

Laquelle somme aeste presentement

Payée content par ledit Sieur

Dubois ausdites Vendeurs en

Louis dor et dargent et autres

Monnoyes ayant de present

Cours en ce royaume et

Dont Ils se sont Contentéé

Et en ont quitté et quittent

 

Sollidairement Comme dit est

Ledit Sieur Dubois et tous

Autres, Car ainsy aeste accordé

Entre les partyies pardevant

Le nottaire et tabellion soubzigné

Promettans par leur foy  de

Serment tenir et avoir letout

Pour agreable obligeans

Quand a ce lesdites parties

Eux leurs biens meubles

Et immeubles presents et

Advenir, Renonceans atoutes

Choses a ces presentes

Contraires lesquelles furent

Faictes et passéés au presences

De Silvain Riffé praticien

Et de Jean Meunet Serviteur

Domestique du nottaire et

Tabellion soubz signé demeurant

 

Au village de Chambetin

Paroisse dudit Crezency tesmoingts

A ledit Meunet declaré ne sçavoir

Signer de ces enquis suivant

Lordonnance, ainsy signé en

Laminutte des presentes dubois

Et Philipot françoise triboudet

Riffé et Courtois nottaires et

Tabellion Soubzsigné »

 

 

Evidemment, il faut s’intéresser à Veaugues pour trouver cet acte passionnant !

 

J’en profite pour remercier les quelques personnes qui ont répondu à mon appel, lancé en Juillet dernier, ne serait-ce que pour me signaler qu’un proche à eux avait travaillé quelque années à Tréloup, toute information concernant ce lieu m’intéressant au plus haut point.

Partager cet article

Repost 0
Published by Sirius sirius
commenter cet article

commentaires

François 23/11/2013 21:14


A propos de scanner, je détiens également des documents anciens que je désire numériser. Je me demande ce qui donne le meilleur résultat: Les photographier ou les scanner ?

sirius 24/11/2013 08:18



Tout dépend de leur taille, de leur état, et de leur reliure, s'il y en a une.


Pour des documents ne dépassant pas la taille A4 (à moins que votre scanneur ne prenne le A3), je vous conseille le scannage, qui a l'avantage de ne pas déformer le document, et d'offrir une
netteté uniforme.


Pour les documents dépassant la capacité de votre scanneur, la photographie est rapide et pratique, et donne de bons résultats, à condition qu'on s'y prenne correctement. Comme vous l'avez vu,
j'ai bricolé un système simple et efficace, et fixant un fer plat de bonne épaisseur (env. 4 mm) sur la tête pivotante d'un trépied de qualité.


Il faut approcher l'appareil au plus près du document, jusqu'à le cadrer complètement, mais sans "décor". Réglez à une sensibilité faible (ISO 125 ou 160), avec une grande ouverture (F 3.4). Il
est très important de ne pas utiliser de flash, et d'activer le retardateur de déclenchement (2 ou 10 secondes); ainsi, vous supprimez le risque de vibrations qui flouteraient le résultat


Si vos documents sont reliés et ne peuvent être mis dans le scanneur, il faut les photographier. pour les aplatir au maximum, vous pouvez mettre des poids (pierres, pièces métalliques) sur le
pourtour, du moment qu'elles n'apparaissent pas dans le champ de la photo.


Inconvénient du procédé photographique: plus on s'écarte du centre du document, moins c'est net. Ainsi, les résultats sur de feuilles en 60 x 80 sont inexploitables sur les bords. Si vous avez
des questions ou souhaites de l'aide, n'hésitez pas à me contacter par MP...



ourson 21/11/2013 10:51


Des papiers des XVIIs et XVIIIe mériteraint d'être conservés dans un lieu adéquat, aux archives, non? Ca serait dommage qu'elles se dégardent En tout cas, bon courage pour tes recherches!

sirius 21/11/2013 11:16



Pour répondre à tes inquiétudes:


1- ces papiers font parties d'archives familiales, donc privées.


2- même si je ne suis qu'un "profane" sans aucun diplôme universitaire, j'en prends le plus grand soin, et entends bien les étudier moi-même.


3- après qu'ils auront été transcrits, ce qui prendra un bout de temps, il est en principe prévu que je les remette aux AD 18 avec leur transcription jointe.


Je vais justement là-bas cet après-midi pour essayer de dénicher des infos concernant l'éventuelle acquisition de ce domaine de Tréloup par ma famille en tant que Bien National. En effet, alors
que la famille Buchet est propriétaire en 1826 (matrice cadastrale), elle n'est pas mentionnée dans les documents de 1779 et antérieurs. La Directrice du Patrimoine du CG 18, que j'ai rencontrée
samedi lors d'une (excellente) conférence à Sancerre, m'a dit que tous les actes notériés de cette époque (1790-1804) étaient répertoriés dans la série Q, et par ordre alphabétique des
acheteurs...


Si je trouve quelque chose, ce fera certainement l'objet d'un prochain article...


Au plaisir de te faire visiter un jour le site de Vesvre...


 



La Ségaline 21/11/2013 08:04


Voilà de précieux documents, pas seulement pour leur contenu qui n'a d'intérêt que pour l'histoire locale (mais les histoires locales font bel et bien notre histoire à tous) mais par leur nature
même, du fait de leur ancienneté surtout. Quelle émotion ce doit être de tenir entre ses mains le papier sur lequel on a couché voilà plusieurs siècles ces mots qui sonnent presque comme une
langue étrangère.

sirius 21/11/2013 08:19



Tu as très bien résumé cette émotion. Quand on pense à tous les évènements qui se sont déroulés dpuis la rédaction de ces documents, on ose à peine les toucher, alors qu'ils sont en très bon
état. les difficulté de compréhension résident dans l'écriture, bien sûr, mais aussi l'orthographe non encore fixée à l'époque, et le fait qu'ils utiisent de nombreuses abbréviations. Ce papier,
souvent du velin ou du parchemin, laisse apparaître par transparence ce qui est écrit au verso; ceci complique encore un peu plus la tâche.


 


Puisque tu as un faible pour l'écriture "cursive", je t'envoie en MP quelques pages de 1612 que tu te feras un plaisir de déchiffrer, avec le petit résumé en dos du document...



Christian lemenuisiart 19/11/2013 22:02


C'est énome , d'avoir des documents aussi ancien


et puis ton pied pour les photos est superbe , tu es bien équipé


Bonne lecture


A bientôt

sirius 20/11/2013 14:14



Un pied de 1970 acheté d'occasion pour 40€ à un copain, mais infiniment meilleur que ce que tu trouveras en neuf pour ce prix aujourd'hui; pas un poil de jeu dans les articulations. Son seul
handicap: son poids de 2 kilos!



anatolem 19/11/2013 20:15


Il est toujours interressant de voir ces vieux papiers qui en disent long si l'on arrive à les déchiffrer, lorsque j'avais entrepris de rechercher mes ancêtres il m'est arrivé de voir des
vieilles photocopies d'actes de naissances.


A pluche et bon travail dans la poursuite de tes recherches.


Tu n'as pas de scanner ?

sirius 20/11/2013 14:12



Tu dis bien "si l'on arrive à déchiffrer"; là est tout le problème! Si, j'ai un bon scanner et, si tu as besoin, tu peux passer à la maison. Au fait, j'ai un pied de romarin tout raciné pour toi;
une marcotte qui s'est faite toute seule!



Pascal du 38 19/11/2013 18:29


Là c'est du très lourd !! Biens conservés et j'imagine que la traduction du vieux français doit être fastidieux. En tout cas ceux-ci ont une valeure inestimable. A bientôt.

sirius 20/11/2013 14:11



le vieux Français, on s'y fait; le plus dur, c'est l'écriture! De plus, ils utilisaient beaucoup d'abréviations, et, par exemple, selon qu'ils sont en début, milieu ou fin de mot, les "s" sont
différents... de quoi m'occuper tout l'hiver!



stan 18/11/2013 13:23


extra c'est une chance d'avoir ces docs !!

sirius 20/11/2013 14:09



C'est un coup de bol, mais il ya souvent des trucs intéressants qui dorment pas bien loin...



Présentation

  • : Le blog de sirius
  • Le blog de sirius
  • : Ce qui se passe et se dit à Veaugues et dans sa région. Un peu de tout et même parfois n'importe quoi...
  • Contact

Recherche