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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 18:35

 

Le moulin à huile de Pesselière est un des derniers survivants de cette petite industrie qui florissait jadis dans nos campagnes. Les moulins servaient à tout : grain bien sûr, mais aussi huile, fer (forges), tan (écorces pour le tannage des peaux), foulon (chanvre), etc… Mûs par l’eau, le vent, ou la force animale (en général un âne), ils ont souvent été électrifiés dès les années 1930. C’est le cas de celui de Pesselière.

 

1 sacs

 

 

 

Les noix, ici appelées « calons », arrivent débarrassées de leurs coques (l’opération s’appelle le « déliage »), par sacs qui sont dûment pesés à leur arrivée. Certains apportent leurs noix et repartent avec leur valeur en huile (1 litre pour 2 kilos de cerneaux). D’autres insistent pour que l’huile provienne de leurs propres noix. Certains enfin, comme moi, gardent leurs noix pour les manger, et achètent leur huile.

 

 

 

 

2 pesée

 

 

 

 

 

 

C’est l’occasion de bavarder un peu, retrouvant parfois des gens qu’on ne voit qu’ici, une fois l’an. Le moulin produit également de l’huile de noisette, mais ces dernières proviennent surtout de Turquie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 broyage

Les cerneaux sont étalés sur la meule dormante, et seront broyées par la meule tournante, entraînée par un moteur électrique qui a remplacé l’âne des premiers temps. Il faut ajouter un peu d’eau de temps en temps pour obtenir la consistance idéale.

 

4 meule

 

 

 

 

 

La meule tournante, usée par les années, a été récemment remplacée par une pièce toute neuve, faite sur mesure par les carrières Sauvanet, à Suilly la Tour.

 

 

 

 

 

5 cuisson

 

 

 

 

 

La pâte obtenue est ensuite cuite à 80° dans cette marmite chauffée exclusivement au bois, pour en libérer l’huile. Une palette assure le malaxage de la préparation. A noter que l’huile « vierge » est obtenue par pression à froid, dans passer par la case cuisson.

 

 

 

 

6 presse

 

 

 

 

 

Arrive alors le pressage, effectué avec une machine centenaire. La pâte est placée entre deux toiles de jute, puis pressée. L’huile qui s’écoule est recueillie dans des bidons.

 

 

 

 

 

7 tourteaux

 

 

 

 

 

Les résidus solides, très secs, sont appelés tourteaux, et incorporés à l’alimentation du bétail.

 

 

 


8 toulons

 

 

 

 

 

Les toulons sont des récipients traditionnels en grès de la Borne ou de St-Amand en Puisaye, destinés au stockage de l’huile, qui est ainsi conservée à l’abri de la lumière et des variations brusques de température.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9 maison

Face au moulin, cette petite maison a été agréablement restaurée, dans les règles de l’art, par son propriétaire (le même que celui du moulin).

 


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Published by Sirius sirius
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Jean-Maxime Mialot 28/01/2011 14:58



Sous l'ancien régime c'était bien plus compliqué que ça :il y avait les pays de grande gabelle dont la généralité de Bourges , les pays de petite gabelle surtout au sud , les pays de
quart-bouillon ( de sel de mer )  ,les pays redîmés qui en avait payé d'avance une fois pour toute une partie, les pays de salines (sel gemme à l'est ) et les pays exemptés dont la
Principauté de Boibelle ... tout près de chez vous .



sirius 28/01/2011 18:32



Et les vieux au régime sans sel, devaient-ils aussi payer la gabelle?  Je me suis toujours dit qu'il me faudrat étudier tout ça de plus près...


Ici, on fait grand cas de cette fameuse principauté de Boisbelle, que l'on présente comme "indépendante jusqu'en 1791". Sur place, il ne reste rien, pas plus que de la ville voisine
d'Henrichemont, créée sur l'initiative de Sully vers 1600. Il y en a même ici qui prétendent que Henrichemont (nommée d'après Henri IV), était destinée à devenir... pas moins que la capitale du
royaume! Le chauvinisme n'a pas de limites!



Candy75 28/01/2011 10:32



Ton "reportage" sur ce moulin est très intéressant. Heureusement qu'il y a encore des gens soucieux de conserver nos coutumes d'antan. J'aime bien visiter de tels lieux. A Jonzac, en Charentes,
j'avais visité également un moulin en activité mais c'était du blé que l'on transformait en farine. Le propriétaire était un amoureux de son moulin qu'il a restauré lui même et à su nous
transmettre sa passion. Il faut que je retrouve dans mon stock de photos celles prises au cours de cette visite.



fragments de rue 28/01/2011 07:36



pour les poules, les vêtements je peux gérer, en revanche, certaines denrées comme le sel semblent difficile à obtenir...il faudrait revenir à la gabelle...



sirius 28/01/2011 08:53



A ce sujet, je me pose des questions. Certes, sous l'Ancien Régime, on se devait d'acheter son sel aux fournisseurs officiels, et d'acquitter un impôt. Je crois qu'aujourd'hui, l'arnaque est
beaucoup plus subtile, et prend d'autres formes. La mise aux normes de certains équipements, par exemple, est imposée par des "directives" (mot qui fait mal à mes oreilles) européennes, sous la
pression des lobbies professionnels. Au besoin, s'il s'agit de vous décider à changer une installation encore en bon état, on vous allèche avec un "crédit d'impôt". Bilan: on vous vend des
équipements inutiles, et au passage l'état se met la TVA dans la poche!



fragments de rue 26/01/2011 19:59



il y a un moulin comme celui-ci à Donzy, j'y achetais l'huile de noix lorsque j'y habitais! si l'on se débrouillait mieux , nous pourrions vivre presque en autarcie sans passer par la case
supermarché...



sirius 27/01/2011 08:12



Je connais le moulin de Donzy de l'extérieur, sans jamais y être entr. Il y a même dans cette ville un musée de la meunerie que je n'ai jamais visité; honte à moi... Pour certaines choses, on
peut se passer du supermarché; pour d'autres, ce serait plus difficile, à moins bien sûr de tout faire pousser dans notre jardin, délever poules, cochons, lapins, etc..., de fabriquer nos
vêtements...



anatolem 26/01/2011 16:28



Merci pour cette instructive visite du moulin de pesselière, n'y avait pas aussi dans ce village un sabotier ?


le dé-liage est une occupation pour la mauvaise saison et chacun y allait de sa petite technique pour arriver à ses fins.


Cordialement. 



sirius 26/01/2011 19:52



Je crois que oui, mais il était déjà fermé quand je suis arrivé dans le coin en 1985. Quant au déliage des calons, ce n'est pas pour moi; casser une poignée de noix pour mon dîner pousse déjà ma
patience à bout... sans compter les coups de marteau sur les doigts!



Jean-Maxime MIALOT 26/01/2011 09:58



C'est toujours un vrai plaisir de faire un petit tour par le moulin MILLERIOUX .


L'accueil et la qualité de la production sont sans pareil .


Amitiés à Irène et Guy .


 



sirius 26/01/2011 19:50



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