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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 18:52




L’histoire de la commune de Veaugues est indissociable de celle de sa gare et des lignes qui y passaient. La construction de la ligne Bourges-Cosne par la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Orléans (P-O) a été le principal facteur d’extension du village à l’extrême fin du XIXème siècle. 

 Vue extérieure de la gare en 1907. Les réservoirs stockaient l'eau nécessaire aux locomotives à vapeur






L’ouverture de la ligne du « Tacot », en 1906-1907, et surtout l’installation à Veaugues des ateliers d’entretien du matériel roulant, a apporté une nouvelle population, avec les familles des mécaniciens et ouvriers d’entretien. De nombreuses maisons furent construites à cette époque, et tout ce petit monde contribua à la prospérité des commerces locaux.

 L'intérieur de la gare avant 1907. Les deux ailes n'ont pas encore été ajoutées au bâtiment et Veaugues n'est qu'une gare ordinaire.

 


La « grande ligne », appelée le « P-O », a été ouverte à la circulation le 18 décembre 1893, après deux ans et demi de travaux ; à cette époque, le trajet prenait deux heures, et il y avait 3 aller-retours par jour, plus deux trains de marchandises

Un train mxte, comportant des voitures de voyageurs, et des wagons de marchandises, entre en gare de Veaugues vers 1900, venant de Bourges.



Construite à l’origine dans un but stratégique, relier les arsenaux du Sud-Ouest aux éventuelles lignes de front de l’Est, elle était à double voie et disposait d’une signalisation de grande ligne. Pendant les deux conflits mondiaux, un important trafic militaire transita par la ligne et, en 1944, elle subit plusieurs bombardements des alliés. La gare de Veaugues et ses abords furent le théâtre de plusieurs drames en 1944, dont la fusillade du « Four à Chaux ». 



 Train en gare. On remarque l'aile ajoutée au bâtiment pour loger les bureaux du "Tacot", signe que la photo date d'après 1907



La ligne du « Tacot » reliait La Guerche sur l’Aubois et Argent sur Sauldre. Exploitée par la Société générale des Chemins de Fer Economiques, son écartement n’était que d’un mètre, et elle fut ouverte en deux étapes de part et d’autres de Veaugues, en 1906 et 1907.

  Vue générale des installations ferroviares de Veaugues.

Au premier plan, le pont par lequel le "Tacot" franchissait le ligne du P-O pour se diriger vers La Guerche


A Veaugues, se trouvaient des installations qui permettaient de transborder les marchandises d’un réseau à l’autre, l’écartement des rails n’étant pas le même.


Vue des ateliers des Chemins de Fer Economiques.

Les quatres travées en béton armées abritaient des fosses, et toutes les installations permettant l'entretien courant des locomotives et voitures à voyageurs.




Les trains, tractés par des locomotives à vapeur, étaient souvent mixtes (voyageurs et marchandises), ce qui imposait d’interminables manœuvres en gare, et les temps de parcours étaient désespérément longs : 2 heures pour aller de Veaugues à Argent ou La Guerche (50 kms dans chaque cas)!


Le Tacot s'arrêtait dans la cour de la gare des marchandises. Celui-ci est en partance pour La Guerche



Une automotrice Renault (30 passagers) plus confortable et économique, roula de 1922 à 1940, accroissant la vitesse commerciale. Les jours de foire à Sancerre, les trains étaient bondés, et il n’était pas rare que le mécanicien demande à certains voyageurs de descendre dans les côtes pour soulager

la machine athmatique. 

 

L'automotrice Renault 40 CV fonctionnait à l'essence, et on pouvait lui adjoindre une remorque.

Elle comporte un bogie avant, et un essieu fixe à l'arrière. Il fallait la retourner en bout de parcours.



La gare de Veaugues était le centre nerveux de cette ligne, et disposait d’un atelier d’entretien des machines et voitures, qui fit vivre jusqu’à 40 familles, en incluant le personnel deconduite rattaché. Après la Libération, la forte chute du trafic et le manque d’entretien de la voie conduisirent à la fermeture de la ligne au milieu de l’année 1948. 

 

Le bâtiment des voyageurs en 1928






A partir de 1946, les autorails remplaceront les trains de voyageurs tractés par des locomotives à vapeur entre Bourges et Cosne, et ce jusqu’à fin mai 1966, date à laquelle le service fut supprimé. 

 Croisement de deux autorails de la SNCF en 1957. Ils étaient motorisés par un 4 cylindres diesel Panhard de 85ch



La section Veaugues-Sancerre fut alors démontée. Les trains de marchandises continuèrent à circuler entre Bourges et Veaugues, essentiellement pour la desserte des silos, jusqu’au 24 juin 1987. La voie fut retirée en 1992 ; aujourd’hui, les bâtiments de la gare appartiennent à des particuliers. 

 

Le dernier train commercial manoeuvre ses wagons de céréales. La BB 63245 se placera ensuite à l'autre bout du train pour l'emmener à Bourges.

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Published by Sirius sirius - dans villages
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commentaires

daubrege jean-marie 19/08/2012 15:58


Hello, Sirius!


D'accord pour celui de gauche, on voit sa remorque, au premier plan, et, au dessus d'elle, la cabine de conduite d'un FNC, autorail effectivement doté d'un diesel Panhard 4 cyl. de 85CV.


Mais pour celui de droite, le nombre de fenêtres sur le coté, la répartition des portes, et je ne sais quoi dans le bombé de toiture, me font plus penser à une remorque Decauville, genre XR 7000.
Et nécessairement devant, un autorail d'un minimum de 300CV...


Cordialement,    JMfret

sirius 19/08/2012 17:03



Tu t'y connais peut-être mieux que moi sur le sujet, mais ils me semblent identiques. celui qui m'a filé la photo m'a dit qu'il s'agissait de deux FNC et, d'après les infos que j'ai, seuls ces
modèles-là auraient circulé sur la ligne. J'ai mis en ligne un article sur la gare de Cosne dans lequel on en voit une sur une vue aérienne. Si
tu entres "gare" dans la fenêtre de recherche de mon blog, tu verras que j'ai fait plusieurs articles sur ce sujet. Georges m'a indiqué que tu faisais du modélisme ferroviaire, et je me
suis promis de regarder de plus près ton blog qui est varié, et sympa! Merci en tous cas de tes visites!


Sirius



Alain NAVAS 19/05/2012 20:08


Je suis fort interressé par les lignes de chemin de fer de France, SNCF ou autres . Grace à internet et GOOGLE EARTH je retrouve assez souvent les anciens tracés qui parfois sont envahis par la
végétation ou utilisés comme chemins ou routes ,etc...A ce sujet, google les anciens tracés par des lignes blanches, ce qui facilite la tâche. En ce qui concerne votre article, qui m'a beaucoup
plu, je vous félicite et j'ajouterai que les autorails sont des FNC des ateliers BILLARD à TOURS. merci.


 


 

sirius 20/05/2012 08:08



Merci pour cette information! Je vais souvent sur Google-Earth, mais n'avais jamais remarqué que les anciennes voies ferrées étaient indiquées; s'agit-il d'une fonction spéciale à activer?



Moreux Gilbert 23/11/2010 20:18



j'ai lu votre livre dans le train Aqualys de Blois à Paris. Je l'ai lu avec un grand plaisir tant il évoquait pour moi de lointains souvenirs. De 1943 à 1946 j'ai pris le train de Bannay à
Bourges et retour pour les vacances scolaires. Parfois le car aussi. Je me souviens des longs arrêts à Veaugues dans l'attente du train venant de la Guerche. Je me souviens l'avoir pris le matin
du 6 juin 1944 pour revenir à Sainte Gemme.


Je me souviens aussi du tacot de Sancerre.Grâce à votre livre, j'ai découvert les autres lignes. Par contre je n'ai pas souvenir des histoires qu'on raconte maintenant au sujet de la ligne
Cosne-Bourges. c'est dire les limites de  nombreux récits mémoriels. Je découvre que mon père qui faisait son apprentissage de maréchal ferrand à Neuilly en Sancerre pouvait emprunter le
tacot pour s'y rendre le lundi matin, mais compte tenu de la vitesse du train je me dis qu'il devait faire le trajet à bicyclette.


Merci pour votre travail . Je vous souhaite beaucoup de succès et de nombreuses conférences pour raconter l'histoire des trains en Sancerrois. Amical message depuis notre rencontre  à Sury
en Vaux. Gilbert Moreux



sirius 24/11/2010 08:34



Merci pour votre appréciation!



pioger nom de jeune fille LEONARD de veaugues 16/02/2009 15:56

je suis en train de regarder les differentes lignes de trains de la region de Veaugues car mon grand pere Joannes Leonard est venu dans la region pour construire la ligne Argent Veauguesj'aimerai avoir une precision sur la ligne ou les lignes appelees tacot est ce celle entre argent et veaugues ou celle entre cosnes et bourges?merci de me repondre je cherche aussi des photos de la garde barriere de veaugues pres du cimetiere

sirius 17/02/2009 09:29


pour plus d'informations, merci de me laisser un mail: pm-buchet@orange.fr


Patrick du Pays d'Halatte 09/01/2009 16:24

Je ne connaissais ni cette commune, ni l'histoire de cette voie férée. Avec ces photos anciennes, je me suis régalé à lire cet article.Merci et bonne journée.

sirius 09/01/2009 17:44


Si vous voulez en savoir plus, ou êtes intéressé par des photos, faites-le moi savoir: pm-buchet@orange.fr


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