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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 08:47
 

En attendant de découvrir le nouveau visage de notre centre-bourg, les travaux nous ont déjà permis de faire ressurgir une partie de son passé. Ceux qui ont eu la curiosité de regarder l’ancien cadastre de 1823 (dit « Napoléon ») ont dû remarquer que l’église ne se trouvait pas à la même place, mais plus bas, et était orientée Est-Ouest, le chœur vers Jérusalem ; elle était en outre beaucoup plus petite.

 

localisation de l'ancienne église

 

Le premier plan positionne l’ancienne église par rapport à l’actuelle ; elle se trouvait donc à peu près face à la cure (actuelle bibliothèque), à la droite de l’emplacement du monument aux morts. Pas grand-chose n’a été retrouvé de cette église, qui datait probablement des XIVème ou XVème siècles.

 

Le seul descriptif qu’on en a est donné par Buhot de Kersers peu de temps avant qu’elle ne soit démolie en 1888. Voici ce descriptif :

 

L'église a une nef rectangulaire à voûte lambrissée sur des murs élevés de7m 80. Six petites fenêtres de plein-cintre, bien appareillées, occupent le haut des murs; deux fenêtres à nervures polylobées, du XVème siècle sont ouvertes près de la baie du choeur et éclairent deux autels. Le clocher sans intérêt est près du pignon de l'ouest.

 

Le chœur, dont le chevet entré est percé d'une grande fenêtre en lancette bien appareillée, est voûté en deux travées sur nervures de profil évidé se pénétrant aux retombées et soutenues par des anges portant des écussons nus.

 

Nous remarquons deux bénitiers en fonte dont l'un, de 0,48m de diamètre supérieur et de hauteur, n'a point de pieds; il est seulement accosté de deux tètes auxquelles sont attachés les anneaux ; il porte un écusson armorié, parti, au premier de... à une bande, au deuxième de... à trois pals, et sur le rebord l'inscription « o mater dei », en minuscules gothiques. Les premières de ces armes doivent être celles des La Porte, seigneurs de Veaugues, d'or à bande d'azur ; les deuxièmes indiqueraient une alliance. Comme nous savons que les forges voisines de la Motte-Cochon, commune de Lugny-Champagne, fabri­quaient des bénitiers de celte sorte à la fin du XVème siècle (il en existe un en l’église de Lugny daté de 1494), il est tout naturel d'attribuer celui-ci à celte usine locale et à une date voisine de l’an 1500.

 

L'autre bénitier est plus grand ; son diamètre supérieur est de 0,55m; sa hauteur de 0,33m; il est orné de quatre têtes percées et élevé sur quatre pieds formés de trois têtes de reptiles fantaisistes. Il porte une inscription difficile à lire « … ai été feict... » ; on peut lui attribuer la même origine qu'au précédent.

 

Le pignon occidental, reconstruit ou dernier siècle (XVIIIème), porte incrusté un cartouche chargé d'un écusson où est un cerf avec une croix sur la tête ; autour règne une guirlande de feuillages.

 

On lit sur une dalle l'épitaphe suivante : « cy gist messire Jean Caime, prêtre docteur bachelier en théologie, curé de Veaugue, âgé de 69 qui a raigné 36 ans, a fondé à perpétuité une grande messe et un libéra, le 22 avril 1696 jour et an de son décès. Priez dieu pour le repos de son âme. »

 

Autour de l'église on distingue les traces d'un litre. La « lître » (du latin "listra ", étoffe) était une bande noire en forme de lé de velours sur laquelle les seigneurs avaient le droit de faire peindre leurs armes. Le seigneur « haut justicier » avait droit à la lître intérieure et extérieure, le « fondateur » à la lître intérieure seulement, mais placée alors au dessus de celle du haut-justicier.

Contrairement à ce à quoi on pouvait s’attendre, très peu d’indices de cette ancienne église ont été retrouvés lors des travaux. Les fondations avaient été presqu’entièrement excavées lors de la démolition, et seuls de très petits tronçons étaient visibles ; quelques éléments en pierre ont cependant été retrouvés dans les déblais, notamment une base de piédroit de fenêtre sculpté.

 

le plan de 1823


Sur le plan de 1823, le cimetière se trouve au Sud de l’église, limité par un mur dont les fondations ont été retrouvées en plusieurs places. Cependant, à des époques antérieures, toute la butte portant aujourd’hui l’église a servi de nécropole (cimetière). Le décapage de la terre végétale a mis au jour des dizaines de fosses contenant encore des ossements.




Une fosse commune (8 x 2 mètres environ) a été retrouvée à l’ouest de l’église actuelle ; elle a probablement servi lors d’une épidémie au XVIIème siècle.

 

Diverses fondations de murs ont été retrouvées dans le périmètre de cette nécropole, et correspondent probablement à des murs d’enceintes de diverses époques, ou à des bâtiments déjà disparus en 1823.

 

sépltures découvertes lors du décapage.

 

Il est à noter que des sarcophages avaient été trouvés, lors de travaux vers 1990, devant la poste. Ceci indique que tout le centre du bourg a pu, a diverses époque, servir de cimetière.

 

Veaugues, un village aux origines modeste qui a, de plus, été victime d’un incendie en 1829, n’a presque rien conservé de son patrimoine bâti ancien et, même si tout ceci n’a rien de spectaculaire, c’est une partie de notre patrimoine et mérite à ce titre d’être divulgué.

 

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Published by Sirius sirius - dans villages
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