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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 11:07
C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Parmi les habitants de Veaugues, qui sait que, de 1907 à 1948, il a existé un passage à niveau sur la route de Bourge à Sancerre (alors appelé Chemin de Grande Communication n° 2), à une cinquantaine de mètres à l’Est de son carrefour avec la route de Neuvy ? Cet extrait d’une carte Michelin de 1930 fait foi…

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Sur cette vue aérienne de l’IGN (source : site Géoportail) de 1950, on voit parfaitement la ligne du « Tacot » couper la route (PN). Le domaine de Tréloup se situe un peu en haut et à droite de la photo.

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Dans le Bois de la Motte (au Nord de cette vue), le tracé du Tacot est très visible…

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Le 10 Août 1934, ce passage à niveau (non gardé) fut le théâtre d’un dramatique accident résumé dans ce rapport des Ponts et Chaussées.

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Au sortir du Bois de la Motte (le talus de la voie est reconnaissable aux herbes jaunies), la ligne du Tacot s’apprête à couper la route de Bourges à Sancerre…

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Le lourd convoi est emmené par deux locomotives ; celle de tête est la 3518, identique à la 3517, vue ici au dépôt de Veaugues…

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Le rapport de la Société des Chemins de Fer Economiques, ou S-E (qui indique par erreur que le train venait de Veaugues…), donne la composition de la rame.

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Outre deux machines, elle consistait en un fourgon à bagages identique à celui-ci…

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Suivi d’une voiture à voyageurs, dont voici une de ses sœurs, et de trois wagons de cailloux.

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Voici à peu près ce que voyait le mécanicien de la machine de tête lorsqu’il sortit du Bois de la Motte. La camionnette qui circule dans le sens Sancerre-Bourges est à l’emplacement du passage à niveau. A ce moment, il actionne longuement son sifflet, ce qui doit inciter les automobilistes à marquer l’arrêt.

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Le rapport de la S-E rappelle que la signalisation correspond aux dispositions en vigueur…

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Qu’à cela n’en tienne, l’automobiliste jugera qu’il a le temps de franchir le PN avant l’arrivée du train, et ne répondra pas aux injonctions du mécanicien. Ce croquis montre la disposition des lieux.

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

L’automobile sera éperonnée par la locomotive, et coupée en deux. On en ressortira 3 morts et un blessé grave. Curieusement, ce rapport ne mentionne ni la marque, ni l’immatriculation de la voiture !

C'était à Veaugues, le 10 Août 1934...

Le lieu de l’accident aujourd’hui. La voiture rouge est à l’emplacement de la collision. Plusieurs autres accidents sont survenus à ce passage à niveau, mais sans faire de morts. Le Tacot cessa de circuler le 16 Août 1948. Le dossier complet de ce drame peut être consulté aux Archives Départementales du Cher, sous la cote 5S 347.

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Published by Sirius sirius
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commentaires

lemenuisiart 27/07/2015 21:01

Bravo pour les recherches

sirius 28/07/2015 07:33

Pas si difficile que ça; il suffit en général de s'y intéresser vraiment!

Pascal 27/07/2015 10:02

Un accident qui aurait pu être éviter, si certains de ces passages à niveaux avait été modernisés, avec l'accroissement du trafic routier. De retour après trois jours passés en Provence.

sirius 27/07/2015 19:25

Il y a eu de nombreux accidents aux passages à niveau, tous non gardés, de cette ligne. Les rapports font tous état de haies gênant la visibilité, de panneaux trop petits... et d'automobiles roulant trop vite (50 km/h dans le cas que j'expose)! La modernisation est arrivée avec la fermeture de la ligne en 1948.

C'est vrai que la Provence est à portée d'arbalète, pour toi; alors, autant en profiter. dans ton coin, il y a aussi le Vercors; j'y suis allé en 1997, et avais beaucoup aimé.

jean 25/07/2015 11:45

pourquoi n'y avait-il pas de garde-barrière pour ce passage à niveau coupant une voie très fréquentée,alors qu'il y en avait ailleurs sur des axes plus secondaires?

sirius 25/07/2015 12:12

La raison en est très simple. La ligne de la Guerche à Argent était classée "d'intérêt local", et n'était ainsi pas tenue de faire garder les intersections, même avec les axes très fréquentés!

Il faut aussi dire qu'à l'époque à laquelle ont été construites ces lignes (en général avant 1914), la circulation routière était très limitée, et la vitesse modeste des voitures (comme celles du "tacot", d'ailleurs...) devait leur permettre de s'arrêter à temps...

Et pourtant, nombreux furent les accidents sur la portion de cette ligne autour de Veaugues! Je ne publierai pas de liste exhaustive (voir aux AD cote 5S 347), mais rien que dans le bourg, plusieurs morts.

anatolem 24/07/2015 14:34

Merci pour cette reconstitution, est-ce que tous les accidents ayant résulté du tacot sont consignés dans ses archives parce qu'un ancien aujourd'hui décédé m'en avait rapporté oralement quelques un aux bruyéres de jussy le chaudrier ?
A pluche.

sirius 24/07/2015 15:06

Effectivement, il me semble avoir vu un rapport concernant un accident survenu à Jussy le Chaudrier. Egalement à signaler: à Sancergues en 1932, une collision entre un train et un car au PN de la route de Bourges à la Charité; 4 blessés dans le car. Il te suffit d'aller aux AD et de consulter la liasse 5S 347

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